L’Incorrect publie les 14 pages du rapport établi par le Secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC), qui montre l’agressivité de l’appareil d’État lors des inspections : fouille des cartables, questions intrusives, retrait des croix ou effacement des références chrétiennes.
Suite à l’affaire Bétharram, Élisabeth Borne, alors ministre de l’Éducation nationale, avait annoncé 1 000 contrôles dans les écoles privées avant la fin de l’année. L’actuel ministre, Édouard Geffray, a indiqué fin octobre que plus de 850 contrôles avaient déjà été menés et que l’objectif serait effectivement atteint.
Auditionné le mardi 2 décembre par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, le secrétaire général de l’enseignement catholique Guillaume Prévost avait alerté de « graves abus d’autorité » lors de certaines inspections « une trahison profonde de la confiance des familles et un dévoiement grave de l’autorité dont nous avions la charge ».
Le rapport établi par le Secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC) recense les témoignages de très nombreux directeurs d’établissement et fait état de « trop nombreux abus d’autorité », qui montrent que « sous couvert de protection des enfants, l’administration s’est surtout attachée à défendre des intérêts corporatistes au détriment de la liberté des familles et de l’engagement des personnes ». Sous prétexte de lutte contre les « violences », les inspecteurs s’en prennent ouvertement, sur la forme et la fond, à l’enseignement catholique en tant qu’il est catholique, bafouant ainsi toute forme de liberté pédagogique.
« Les inspecteurs sont entrés dans les classes en interrompant les cours pour regarder les cahiers, sans même se présenter et ont fouillé dans les cartables des élèves. »
« Les contrôleurs coupent la parole des enseignants, s’emparent des cahiers et des affaires des jeunes, ce qui perturbe les séances »
« le classeur personnel d’une enseignante lui est pris sans pouvoir contester ; le cours est interrompu. Le casier d’un élève est vidé sur la table pour en examiner tout le contenu. »
- De très jeunes enfants sont interrogés seul à seul ;
- les comptes-rendus d’entretiens ne peuvent pas être relus par les interviewés ;
- des inspecteurs cherchent même à accéder aux messageries privées des professeurs.
Des questions intrusives ou orientées sont posées, comme
- « N’êtes-vous pas choqué par la tenue vestimentaire identique de vos élèves ? Pensez-vous qu’ils sont libres de s’habiller comme ils veulent ? »,
- « Allez-vous aux offices religieux ? »,
- « Vos élèves ont-ils une vision genrée de la société ? »
- « Pourquoi accordez-vous les excellences à un élève qui a 17 sur 20 et pas à celui qui fait des efforts ? ».
- « Les 2 IPR ont orienté les entretiens avec les enseignants, les élèves et les parents vers le caractère propre, le projet pastoral et la liberté de conscience. Ils ont cherché sur quel point ils pouvaient nous piéger. »
Le rapport révèle des atteintes manifestes au caractère catholique des établissements, notamment de leurs libertés concernant l’organisation du temps scolaire, l’organisation pédagogique et le règlement intérieur. Certains inspecteurs recommandent de ne plus parler de « Création » ou de phrase tirée de la Bible, de supprimer les croix, icônes et coin-prière dans les classes, reprochent même à un établissement de vouloir « développer la vie intérieure ». Il serait interdit d’afficher le Notre Père et le Je vous salue Marie dans les classes. Ailleurs, « invitation de la part de l’inspectrice à voiler le caractère propre de l’établissement au profit de la mission publique de service d’enseignement qui doit prévaloir, selon elle sur le charisme de notre tutelle congréganiste ».