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plastique

  • Tropicana : des oranges et des montagnes de plastique

    Publié par Guy Jovelin le 17 juin 2019

    Rédigé par notre équipe le 16 juin 2019.

    Le plastique est un problème auquel la France a décidé de se confronter. Une lutte surtout sémantique, car interdire le plastique dans les administrations comme le prétend Edouard Philippe est comme verser une goutte d’eau dans le désert. Tout le monde a bien compris que le Gouvernement jouait du pipeau alors la marque de jus de fruits Tropicana n’a pas hésité à s’engouffrer dans la brèche en annonçant qu’elle allait désormais utiliser pour ses emballages le plastique à la place du carton. L’écologie continue de n’être qu’un slogan politique sans ambition concrète… 

    Moins de plastique pour plus d’écologie ! C’est le mot d’ordre de la Macronie post-élections européennes. Il faut montrer que le logiciel libéral-libertaire est vert, alors dans son discours de politique générale tenue jeudi dernier, Edouard Philippe a fait dans le recyclage. Une belle action qui l’a amené à dire que le plastique était l’ennemi numéro un de la planète. Alors, le plastique sera supprimé des administrations un jour et en attendant, les fonctionnaires iront se désaltérer avec des bouteilles… en plastique siglées Tropicana.

    Les paroles de Philippe déjà plastiquées par Tropicana

    Car oui, la marque américaine qui nous vend des publicités avec de belles oranges (pas bio) de Floride a étudié le marché et conclu qu’il est plus profitable de mettre son produit dans des flacons en plastique plutôt qu’en carton. Le plastique serait-il moins cher ? Non, les clients veulent de la « transparence ». Ils veulent voir leur jus dans la bouteille pour mieux l’apprécier… « La brique carton, cela suffit, nous ont-ils répondu. Les consommateurs veulent de la transparence, ils souhaitent voir le produit », a expliqué au Monde Bruno Thévenin, directeur général de PepsiCo France. On pourrait croire à une blague, mais le règne de la transparence touche plus rapidement le contenant que le contenu.

    Le plastique ne recule pas, mais augmente malgré les reportages dans les JT qui suivent le quotidien de rares personnes qui font sans plastique et parfois même sans déchet. Entre l’enfer écologique et boboland, il y a un juste milieu qui ne sera donc pas trouvé par PepsiCo France. L’entreprise, numéro 2 mondial des boissons non alcoolisées ne peut pas le dire en ces termes, mais si le plastique est désormais privilégié, c’est parce que le concurrent Innocent (de quoi ?) ronge des parts de marché et que les jus de cette marque sont contenus dans des bouteilles plastiques. Il faut copier alors qu’il suffirait de faire meilleur, plus sain et/ou moins cher.

    Une option qui ne traverse même pas l’esprit des dirigeants de PepsiCo. Ces derniers savent que l’écologie est une slogan et que personne n’ira boycotter leurs produits juste parce qu’ils participent d’un pourrissement de la Terre. Si le Gouvernement veut faire un peu de comm’ et s’en mettre plein les fouilles, il pourrait imaginer une énième taxe. Elle concernerait les boissons non alcoolisées contenues dans une bouteille plastique… Des milliards d’euros à se faire à moins que l’industrie agro-alimentaire et celle du plastique ne viennent taper sur les doigts de Macron et Philippe.

    Ces deux-là ont pour mission de faire plaisir au big business et ce n’est pas une promesse écologique qui pourra les faire changer de trajectoire. Il ne reste plus qu’à fêter ça autour d’un verre de jus d’orange ou plutôt de champagne, car de l’Elysée à Matignon, on aime les bons produits de nos régions !

     

    Source : 24heuresactu