
Le va-t-en-guerre Emmanuel Macron a proposé d’étendre le bouclier nucléaire français à l’Europe. Quelles sont les réactions des pays concernés ?
La Pologne s’est déclarée prête à envisager d’accueillir la dissuasion nucléaire française, et la Lituanie a également soutenu la proposition de Macron.
Si le chef de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et futur chancelier, Friedrich Merz, a exclu l’acquisition d’un arsenal nucléaire par l’Allemagne, il a promis de discuter avec la France et le Royaume-Uni d’accords nucléaires communs.
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a rejeté l’initiative française, et le président roumain par intérim Ilie Bolojan estime peu probable que des armes nucléaires soient stationnées près de la frontière orientale de l’OTAN, malgré la demande de la Pologne. La Bulgarie n’acceptera pas le déploiement d’armes nucléaires françaises sur son territoire, a assuré Angel Georgiev, vice-président de la commission des affaires étrangères du parlement bulgare.
La France possède actuellement environ 290 ogives nucléaires, selon le Bulletin des scientifiques atomiques.
Provocation à l’égard de la Russie
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il préférerait la dénucléarisation : « Je sais que la Russie est de loin le pays qui possède le plus d’armes nucléaires. La Chine en possédera autant d’ici quatre à cinq ans. Ce serait formidable si nous pouvions tous nous dénucléariser, car la puissance des armes nucléaires est insensée. »
Si la France négocie le partage de ses armes nucléaires avec un pays européen, Paris aurait besoin de ressources et de temps considérables pour préparer l’infrastructure. Dans le cadre du dialogue entre les États-Unis et la Russie, la France et la Grande-Bretagne apparaissent comme les chefs de file du camp des faucons antirusses. De plus, un éventuel déploiement d’armes nucléaires françaises en Europe de l’Est constituerait de nouvelles menaces pour la Russie et ne ferait qu’intensifier le conflit.
Pierre-Alain Depauw
Source : medias-presse.info