Publié par Guy Jovelin le 01 septembre 2026
La proposition du RN consistant à verbaliser les femmes portant le voile dans l’espace public me paraît révéler une conception assimilationniste assez datée de la question de l’immigration (et de l’islam…) en France.
Indépendamment du débat juridique qu’une telle interdiction ne manquerait pas de provoquer, son efficacité concrète apparaît pour le moins incertaine : une amende ne modifie ni les phénomènes migratoires ni les évolutions démographiques, culturelles ou religieuses que le RN prétend vouloir combattre.
Il existe en outre un paradoxe électoral évident.
En faisant du vêtement porté par des femmes musulmanes un enjeu central de la campagne présidentielle, Marine Le Pen fournit à ses adversaires - et notamment à La France insoumise - un puissant thème de mobilisation auprès d’un électorat qui se caractérise en principe par une abstention importante.
Une mesure présentée comme une démonstration de fermeté pourrait ainsi produire exactement l’effet politique inverse de celui recherché : susciter une mobilisation électorale dirigée contre sa candidature.
On peut donc contester cette proposition à la fois sur son efficacité et sur sa cohérence stratégique. Elle transforme une question de politique migratoire en police vestimentaire et ouvre à ses adversaires un terrain de mobilisation qu’ils auraient eu beaucoup plus de difficultés à créer eux-mêmes.
Seule la remigration, à laquelle est opposée Marine Le Pen et son parti, est en mesure de régler ce problème.
Pierre-Nicolas Nups - Secrétaire général du Parti de la France
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