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chute de contantinople

  • 29 mai 1453 : Chute de Constantinople et fin de l’Empire romano-byzantin

    Publié par Guy Jovelin le 29 mai 2026

    jeune-nation.com

     
    « L’Europe occidentale catholique du haut Moyen Âge comme les peuples qu’elle abrite ne peut se comprendre parfaitement que si l’Empire romain hellénique ou d’Orient est évoqué. C’est parce que, à l’Est de leurs limites, s’est dressée, durant des siècles, la résistance aux invasions islamiques que les nations européennes occidentales purent s’édifier ; l’entrée en Europe centrale leur étant interdite. C’est aussi grâce, en grande partie, à la civilisation byzantine que la culture de l’Antiquité fut préservée et que se déploya à la Renaissance italienne et avec elle l’aube des temps modernes.  » (Constantinople, la perle du Bosphore, Préface, Jean Castrillo, L’Harmattan)
    Fresque de Constantin XI au Catholicon de l’ancien monastère de Taxiarches à Aigialeia, en Grèce

    Après avoir pris Nicée en 1331, les Turcs passent en Europe en 1354 et, en 1362 le sultan Murad Ier entre dans Andrinople où, à 200 km de Constantinople, il établit le centre de son pouvoir. Réduit à sa capitale, à sa banlieue et à quelques places de Thrace et de Macédoine, dont Thessalonique est la seule notable, l’Empire n’a de véritable action qu’en Grèce.

    En fait c’est l’agonie de Constantinople qui commence. Le Turc est aux portes. Le sultan Bajazet menace même directement la capitale et Constantinople ne sera sauvée que par l’invasion de la Turquie d’Asie par un autre Turc, Tamerlan, qui détruit l’armée ottomane et fait prisonnier le sultan.

    Mais ce répit n’était que « le mieux » constaté avant la mort. En avril 1453, Constantin XI Paléologue dit Dragasès subit le dernier siège de la Constantinople byzantine. Largement inférieurs en nombre malgré quelques renforts extérieurs, les assiégés résistent plusieurs semaines et Constantin refuse de quitter la ville.

    Le 29 mai 1453, menant en personne la défense de la cité, il ne put opposer qu’une résistance désespérée au sultan Mehmet II El Fathi (le conquérant). Le dernier empereur romano-byzantin périt durant les derniers combats.

    Mémoire de la dernière bataille du dernier jour de l’Empire byzantin.

    « Durant toute cette journée, les Turcs firent, par toute la cité, un grand carnage de chrétiens. Le sang coulait sur la terre comme s’il en pleuvait et formait de vrais ruisseaux. … Georges Phrantzes dit aussi que, ‘en certains endroits, le sol disparaissait sous les cadavres et que l’on ne pouvait passer par les rues’.

    ‘… Ils volent, dérobent, tuent,… font captifs femmes, enfants, vieillards, jeunes gens, moines, hommes de tous âges, de toutes conditions’.

    ‘… Ils prenaient les trésors et les vases sacrés, dépeçaient les reliques et les jetaient au vent; ils exhibaient dans les rues puis dans leurs camps, le soir, des crucifix montrant le Christ coiffé de l’un de leurs bonnets rouges. De Sainte-Sophie, ils firent d’abord une écurie. Un nombre incalculable de manuscrits précieux, ouvrages des auteurs grecs ou latins de l’Antiquité, furent brûlés ou déchirés.

    Les religieuses, violées par les équipages des galères, étaient vendues aux enchères. … ‘Cette cohue de toutes les nations, ces brutes effrénées, se ruaient dans les maisons, arrachaient les femmes, les traînaient, les déchiraient ou les forçaient, les déshonoraient, les violentaient de cent façons aux yeux de tous dans les carrefours’.

    Pendant trois jours, ce fut aussi une terrible chasse et un immense marché aux esclaves. … Aucune bataille, aucune conquête n’avait jamais donné en si peu de temps autant de captifs. Ils furent vendus et revendus par la soldatesque puis par les mercantis de toutes sortes, séparés les uns des autres, promis aux travaux misérables jusqu’aux plus lointaines provinces du monde musulman.

    … Mehmet avait ordonné que les familles des dignitaires grecs soient réduites à la plus dure et à la plus humiliante des servitudes. Il s’était fait réserver les filles les plus belles et les plus jeunes adolescents et il fit don de quarante très jeunes gens et de quarante vierges au pacha de Babylone. D’autres enfants grecs furent envoyés jusqu’à Tunis et à Grenade.

    … Les habitants de Constantinople échappés aux massacres et à l’esclavage avaient fui. Ce n’était plus qu’une ville en grande partie dévastée et vide d’hommes.

    … La chute de l’Empire byzantin marquait la fin d’un monde et jetait à bas l’héritage de l’antique Rome ».

    Rappelons que Mehmet II (Mohamed II) ne rêva « que d’entrer en maître dans cette Constantinople chrétienne, qu’il voulait capitale de l’Islam. Ce jeune homme cultivé,… ami des arts et des lettres, avait fait massacrer ses frères en bas âge et faisait, à chaque campagne, scier en deux ou empaler les chefs ennemis prisonniers »

    Source : Chute et mort de Constantinople, Jacques Heers  (Perrin, 2005, 344 pages)