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  • « Ma crainte est que la Terre Sainte puisse devenir une sorte de “Disneyland chrétien” »

    Publié par Guy Jovelin le 02 mai 2026

    « Ma crainte est que la Terre Sainte puisse devenir une sorte de “Disneyland chrétien” »

    S’adressant aux représentants de l’’AED, le père Nikodemus Schnabel, religieux bénédictin, a offert un témoignage complet sur la présence chrétienne en Terre Sainte, fragile et en déclin rapide :

    L’image de Jérusalem comme cœur battant du christianisme contraste fortement avec la réalité vécue aujourd’hui par ses fidèles. Pour le Père Nikodemus Schnabel, religieux bénédictin, il s’agit d’une « toute petite minorité », marquée par la guerre, les difficultés économiques, l’incertitude et un exode constant.

    « Si vous pensez que c’est ici un eldorado du christianisme, la réalité est bien différente ». « Tous les chrétiens réunis représentent moins de 2%. Pour nous, rêver d’atteindre 5 ou 6% serait déjà beaucoup. Si l’on pense aux régions les plus sécularisées d’Europe – comme la République tchèque ou l’ancienne Allemagne de l’Est –, même là-bas les chrétiens sont souvent plus nombreux qu’ici ».

    La conférence des évêques de cette petite région – qui recouvre Chypre, Israël, la Palestine et la Jordanie – compte 24 membres, reflétant une complexité ecclésiale unique. Et cependant la présence chrétienne réelle continue de décliner.

    « Le paradoxe est clair ». « L’endroit où les événements les plus importants de notre foi ont eu lieu risque de perdre les chrétiens qui en sont originaires ».

    « Ma crainte est que la Terre Sainte puisse devenir une sorte de “Disneyland chrétien” ». « Les lieux saints demeureront, avec des religieux et des prêtres. Mais il pourrait ne plus y avoir de familles chrétiennes, de jeunes chrétiens, de vie chrétienne ordinaire.

    « Environ 60% des chrétiens arabophones dépendent du tourisme ». « Et la dernière bonne année remonte à 2019 ».

    La pandémie, suivie des conflits et de l’instabilité, ont drastiquement réduit le nombre de pèlerinages, privant de nombreuses familles de leurs revenus.

     « Nous ne sommes ni pro-Israël, ni pro-Palestine, mais pro-humains. »

    Ce slogan, a-t-il expliqué, est le reflet de la réalité concrète d’une Eglise présente « de toutes les côtés » : avec les fidèles en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, de même qu’au sein des communautés de migrants.

    L’abbé a également dénoncé l’hostilité croissante envers les chrétiens, de la part de groupes extrémistes juifs. Il a décrit des incidents tels que des crachats dans les rues, des actes de vandalisme, des incendies criminels, des profanations et des graffitis haineux. Selon lui, ce phénomène ne peut plus être considéré comme marginal.

    Pour l’AED, son témoignage est un appel à ne pas s’habituer à la disparition silencieuse des chrétiens de Terre Sainte. Parce que sans communautés chrétiennes vivantes à Jérusalem, Bethléem ou Nazareth, les lieux saints risquent de devenir des symboles vides – un patrimoine sans témoins.

    Et parce que, comme l’abbé l’a lui-même rappelé, « il n’y a pas d’Annonciation sans Nazareth, pas de Noël sans Bethléem, pas de Pâques sans Jérusalem. »

     

    Source : lesalonbeige