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instruction

  • Quand on écoute les élèves de cette classe de sixième en 1972 on est en droit de considérer que l’instruction a été sacrifiée sur l’autel du pédagogisme.

    Publié par Guy Jovelin le 04 août 2026

    Auteur : 

    Image : capture d’écran d’un dessin de Chaunu dans Ouest-France.

    Il suffit parfois de quelques minutes
    d’archive pour mesurer l’ampleur d’une évolution.

    En écoutant cette classe de sixième filmée en 1972, on est frappé par la qualité de l’expression des élèves : un vocabulaire précis, des phrases construites, une pensée articulée, une aisance à l’oral qui surprend aujourd’hui. Ce ne sont pas de petits génies.

    Ce sont des collégiens ordinaires d’une époque où l’école assumait pleinement sa mission : instruire.

    Depuis plus d’un demi-siècle, la France a pourtant choisi une autre voie.

    À partir de la fin des années 1960, une partie des élites éducatives s’est persuadée que l’école traditionnelle était responsable des inégalités.

    Il fallait donc moins transmettre, moins sélectionner, moins exiger.

    Les savoirs devaient céder la place aux « compétences », les cours magistraux aux « projets », l’autorité du professeur à « l’élève acteur de ses apprentissages ». Ce courant, que l’on peut qualifier de pédagogisme, est devenu progressivement la doctrine dominante dans une partie de l’Éducation nationale.

    Le problème est que les bonnes intentions ne garantissent pas les bons résultats.

    À force de vouloir supprimer les difficultés, on a parfois supprimé les exigences. À force de vouloir éviter les frustrations, on a parfois renoncé à l’effort. À force de vouloir mettre tous les élèves en réussite, on a systématiquement abaissé le niveau attendu.

    L’école s’est donné pour priorité le bien-être, l’inclusion, les méthodes et les dispositifs, alors que sa vocation première est d’apprendre à lire, écrire, compter, raisonner et transmettre une culture commune.

    Le résultat est aujourd’hui difficile à ignorer.

    Crtains enseignants, encore minoritaires dans le « Grand Mammouth » (1),  alertent depuis des années sur les difficultés croissantes en lecture, en orthographe, en calcul et en expression écrite.

    Les évaluations nationales et internationales montrent des fragilités persistantes, même si leurs causes font débat. Les universités consacrent du temps à des remises à niveau. Les entreprises déplorent parfois des lacunes en maîtrise du français. Et les professeurs passent une part croissante de leur énergie à consolider des acquis qui auraient autrefois été considérés comme fondamentaux.

    Certes, si ne s’explique pas par les choix pédagogiques, il est tout aussi difficile d’ignorer la responsabilité des politiques éducatives.

    Pendant des décennies, de nombreux enseignants qui demandaient davantage de rigueur ont parfois été perçus comme conservateurs. Ceux qui insistaient sur l’autorité, la mémorisation ou la maîtrise des fondamentaux ont souvent été présentés comme attachés à une école d’un autre temps, alors même que ces pratiques continuent d’être défendues par une partie de la recherche en éducation lorsqu’elles sont mises en œuvre avec discernement.

    Le paradoxe est cruel.

    Au nom de l’égalité, on a parfois privé les élèves les plus modestes de ce qui leur permet précisément de s’émanciper : un enseignement structuré, exigeant et ambitieux.

    Les familles les plus favorisées compensent souvent les lacunes par des cours particuliers, des livres, des activités culturelles ou un environnement stimulant ou mettent leurs enfants dans des écoles hors contrat qui connaissent un succès exponentiel.

    Les autres dépendent avant tout de l’école. Lorsque celle-ci renonce à transmettre avec exigence, ce sont eux qui en paient le prix.

    Si l’archive de 1972 que nous vous proposons n’est pas une preuve scientifique, c’est un témoignage qui agit comme un miroir.

    Elle rappelle une époque où l’on attendait des collégiens qu’ils parlent correctement, qu’ils enrichissent leur vocabulaire, qu’ils connaissent leur histoire, qu’ils maîtrisent leur langue et qu’ils fournissent des efforts. Non par nostalgie, mais parce que l’école croyait que tous les élèves étaient capables de progresser à condition qu’on leur transmette des savoirs solides.

    Il est peut-être temps de retrouver cette ambition.

    Une école n’est pas faite pour flatter les élèves ; elle est faite pour les élever.

    Elle ne doit pas avoir pour objectif de rendre les apprentissages plus faciles à tout prix, mais de donner à chacun les moyens de réussir des apprentissages exigeants.

    Car l’exigence n’est pas l’ennemie de l’égalité : elle en est l’une des conditions.

    Rastignac

    (1) Le 24 juin 1997, Claude Allegre, ministre de l’Education nationale, prononce la phrase devenue célèbre « Il faut dégraisser le mammouth », qui devient l’emblème du conflit avec les enseignants.

     

    Source : medias-presse.info

  • Vaccin, climat, instruction : mais jusqu’où iront-ils ?

    Publié par Guy Jovelin le 16 juillet 2021

    Ca devient lassant… et terriblement inquiétant : cette manière de nous menacer à tout bout de champ ! Car enfin, à en croire les , les Jean-Christophe Lagarde et autres Jean-François Carenco – le président de la Commission de régulation de l’énergie -, il nous reste fort peu de temps.

    climat,instruction,mais où iront-ils?,vaccinPour vivre libres d’aller où nous voulons, de choisir ce qui est bon ou non pour nos enfants, de manger autre chose que de la nourriture vegan et de produire autrement que de l’énergie verte.

    Ce satané Covid aura décidément marqué le déclin de nos libertés individuelles. Nous voici rendus à la phase de l’injonction vaccinale demain imposée au personnel soignant. Qu’apparemment ni l’appel au devoir civique, à la morale ou même à la responsabilité collective n’a convaincu. Passé, en quelques jours, du « statut de héros à celui d’assassin », selon le bon mot de Julien, infirmier, qui se confie à Slate : « Cela donne l’impression d’un retour du paternalisme médical, du genre “Nous, nous savons ce qui est bien pour vous et sinon, c’est la punition”. »

    Une punition bien sévère en perspective puisque, d’ici peu, Julien et ses collègues se verront donc contraints d’accepter les Moderna, Pfizer ou autres sous peine de perdre leur emploi…

    Après les soignants, ce sera sans nul doute le tour des autres récalcitrants. Avec, à la clef, la crainte du gendarme. Sans complexes, Xavier Bertrand, sur un plateau télé, « souhaite que l’on développe beaucoup plus vite le . Pour dire à ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, et pas seulement les soignants, qu’ils ne peuvent pas nous mettre en risque. Et que s’ils font le choix de ne pas se faire vacciner, alors ils doivent savoir qu’ils n’auront pas la même liberté que les autres. » Nul besoin d’avoir « fait Saint-Cyr » pour comprendre entre les lignes : pas de , de salles de spectacles, de voyages, voire d’accès aux bureaux ou aux écoles pour les « antivax ». Carrément ! On se croirait revenu à l’époque des tribunaux révolutionnaires. Les mots d’un Saint-Just dans la bouche d’un candidat à l’élection présidentielle…

    Le plus grave, c’est que cette façon de faire a ses émules. Jusque dans le domaine énergétique. On savait certains automobilistes interdits bientôt de circuler dans Paris car coupables de balader des véhicules trop polluants. Mais c’est, à présent, les anti-éoliens qui sont dans la ligne de mire de Jean-François Carenco. Ce père des éoliennes en mer ne manque pas d’arguments pour vendre son produit sur LCI : « Que ceux qui ne veulent pas des éoliennes soient privés d’électricité. La promesse d’une énergie abondante et disponible pour tous est une promesse républicaine, il faut en accepter les contraintes. »

    Pendant ce temps-là, à l’Assemblée nationale, un autre débat fait rage : celui de l’instruction des enfants dans les familles. Interdire ce mode de scolarisation au nom de la lutte contre le « séparatisme » pour ne pas dire «  ». Et tant pis si le Sénat a reconnu lui-même qu’« aucun chiffre n’a été présenté pour relier l’IEF [instruction en , NDLR] à des pratiques radicalisées ». La bonne santé de la République vaut bien la liberté de choix des parents…

    Le pire est à craindre. L’homme semble être devenu un loup pour l’homme. Notre partisan de l’éolien se défend : « Produire de l’énergie, ça crée des désagréments. Est-ce que, ensemble, on accepte un certain nombre de désagréments pour que tous ensemble nous vivions un peu mieux ? » Voilà bien tout le nœud de l’affaire : quels principes de précaution valent que l’on sacrifie nos libertés sur l’autel de l’intérêt collectif ?

    Or, il viendra bien un jour où tous ces punis, ces parias, ces exclus et ces sanctionnés perdront totalement de vue la nécessité de contribuer à l’effort collectif qui ne les concernera plus. Ils refuseront de payer l’impôt. Et ce gouvernement aura la monnaie de sa pièce.

     

    Sabine de Villeroché

    Juriste

    Source : https://www.bvoltaire.fr/