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pétrole russe

  • Sanctions contre la Russie : quand le pétrole russe devient immoral à Paris et vertueux à Washington !

    Publié par Guy Jovelin le 10 octobre 2026

    Auteur :

    Trump souhaite un bon anniversaire à Poutine et en profite pour négocier l’achat de diesel russe contre la levée des sanctions américaines sur le pétrole…

    Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi qu’à l’issue d’une discussion « très fructueuse » qu’il avait eue avec Vladimir Poutine, la Russie avait accepté de livrer immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel sur les marchés américain et mondial.

    L’agence Reuters résume ainsi la nouvelle :

    Dans un message sur X, le département américain du Trésor a parallèlement annoncé autoriser l’importation de diesel ruse jusqu’au 7 avril de l’an prochain, alors que le secteur pétrolier russe est visé par des sanctions américaines depuis l’invasion de l’Ukraine par les forces russes en février 2022. Selon Donald Trump, la Russie s’est engagée à livrer 3 millions de tonnes de diesel dans un court laps de temps. La Russie fournirait 500 000 tonnes supplémentaires en novembre, puis encore un million de tonnes « immédiatement après », a déclaré Donald Trump, précisant que d’autres livraisons suivraient « en fonction de l’état de leurs raffineries », endommagées par les attaques ukrainiennes.

    Zelensky ne décolère pas. Le voilà qui ose qualifier la décision de Donald Trump d’« indigne » et de « faible », au motif que les revenus pétroliers russes contribueront à financer la guerre contre son pays.

    Cette soudaine — et audacieuse — indignation met en lumière une contradiction aussi grotesque qu’embarrassante : pourquoi ce qui serait moralement inadmissible pour les Européens deviendrait-il économiquement raisonnable pour les Américains ?

    Il faut croire que Zelensky n’a toujours pas compris une règle élémentaire de la géopolitique : les intérêts nationaux passent avant les sermons internationaux. Quant à ses leçons de morale, elles gagneraient en crédibilité si son pays, et notamment les cercles proches du pouvoir, n’étaient pas régulièrement éclaboussés par des affaires de corruption.

    Mais le plus savoureux reste le lamentable spectacle offert par une Europe qui devra la coupe d’amertume jusqu’à la lie.

    Après avoir consciencieusement sacrifié une partie de ses approvisionnements énergétiques, fragilisé ses industries, renchéri les coûts de production et demandé à ses populations de se serrer la ceinture au nom de la vertu antirusse, voilà que son grand protecteur américain redécouvre les mérites du pragmatisme pétrolier !

    Washington discute avec Moscou, ajuste sa politique énergétique et défend ses consommateurs, sans se soucier le moins du monde des rodomontades de Macron et de ses alliés.

    Résultat : aux Européens, les sacrifices au nom des principes ; aux Américains, les arrangements au nom du pouvoir d’achat !

    Il fallait donc sanctionner la Russie jusqu’à l’asphyxie, quitte à se tirer une balle dans le pied. Mais lorsque le prix du carburant menace les intérêts américains, les grands principes deviennent soudain négociables. Quelle admirable souplesse morale !

    Personne n’est obligé d’approuver l’intervention militaire russe en Ukraine pour constater que les sanctions économiques ne sont ni des commandements divins ni des dogmes intangibles. Ce sont des instruments de pression dont il faudrait, de temps à autre, avoir l’audace de mesurer les résultats et surtout les dégâts collatéraux.

    Or, après des années de sanctions, la Russie n’a pas capitulé, la guerre continue et les Européens ont supporté des coûts considérables. Bruno Lemaire nous promettait de mettre Moscou à genoux ; on a surtout appris aux Français à faire des génuflexions devant leur facture énergétique !

    Les États-Unis, eux, démontrent qu’ils savent adapter leurs instruments de pression lorsque leurs intérêts économiques mais surtout électoraux l’exigent.

    Mais alors, pourquoi la France et l’Europe devraient-elles s’interdire d’en faire autant ? Pourquoi nos agriculteurs, nos transporteurs, nos industriels et nos automobilistes devraient-ils considérer comme un devoir patriotique de payer leur énergie plus cher, sans jamais demander quel résultat concret justifie ces sacrifices ?

    Serait-ce donc cela, la fameuse souveraineté européenne : le droit de se ruiner pour des principes que Washington s’autorise à réviser selon le cours du baril ?

    Rappelons donc à notre Jupiter décadent et à Jean-Noël Barrot, son ministricule des Affaires étrangères, que la diplomatie n’est pas un concours de vertu et que gouverner ne consiste pas à faire payer aux peuples le prix de la bonne conscience de leurs dirigeants.

    La France voulait mettre la Russie au ban du commerce international. Et voilà que Washington, selon les arrangements énergétiques évoqués, retrouve le chemin de Moscou dès lors qu’il s’agit de soulager ses propres consommateurs.

    Vae victis ! Malheur aux vaincus ! Et surtout malheur aux naïfs qui prennent les discours de leurs alliés pour des engagements éternels.

    Car le pétrole russe possède désormais une propriété miraculeuse : il serait criminel lorsqu’il sert les intérêts européens, mais redeviendrait parfaitement fréquentable lorsqu’il contribue à préserver le pouvoir d’achat américain.

    Il suffisait d’y penser : le même baril qui finance prétendument la guerre lorsqu’il arrive en Europe contribuerait à sauver le consommateur lorsqu’il arrive aux États-Unis !

    Décidément, les sanctions européennes ressemblent de plus en plus à une mauvaise plaisanterie dont les Français paient la facture pendant que les Américains encaissent les bénéfices.

    En définitive, la morale occidentale ne se mesure plus à l’aune des principes, mais au prix affiché à la pompe.

    Et dans cette farce géopolitique, l’Europe tient le rôle du cocu magnifique : elle paie, elle obéit et, suprême humiliation, elle est obligée d’applaudir si elle ne veut pas subir la colère de son « ami » Donald !

    Rastignac

     

    Source : medias-presse.info

  • Pourquoi les chars ukrainiens roulent au pétrole russe

    Publié par Guy de Laferrière le 01 août 2023

    lesobservateurs

    CM : D'un côté, l'Ukraine a déjà menacé la Hongrie et même passé à l’acte avec l'oléoduc Amitié (Droujba), et de l'autre, elle ne peut pas se passer du pétrole raffiné provenant de Hongrie et de Slovaquie. C'est du "je te tiens, tu me tiens par la barbichette"...

    Précisons aussi que la majeure partie du diesel est utilisée pour les machines agricoles.

    *******

    Kiev dépend presque entièrement des importations de carburant pour maintenir son effort de guerre…

    Aleksandra Fedorska, Varsovie

    Paradoxe de la guerre : les chars d'assaut ukrainiens roulent de plus en plus avec du pétrole en provenance de Russie. Selon les autorités douanières ukrainiennes, l'Ukraine importe de plus en plus de diesel de Hongrie et de Turquie, deux pays qui transforment en grande partie le pétrole russe dans leurs raffineries.

    Si la position du groupe hongrois MOL et des fournisseurs turcs sur le marché ukrainien était déjà relativement bonne par le passé, ce n'est que récemment que les douanes ukrainiennes ont fait état d'une augmentation frappante des importations. Ainsi, le groupe pétrolier MOL, étroitement lié à l'Etat hongrois (qui en détient 21.2%, ndt), a doublé ses ventes à l'Ukraine au cours du dernier semestre.

    Comme MOL achète beaucoup de pétrole russe, il est probable que celui-ci soit désormais le principal carburant de la machines de guerre ukrainienne. Dans le même temps, les entreprises qui n'achètent pas leur matière première en Russie perdent des parts de marché en Ukraine. Car MOL dispose d'un avantage concurrentiel par rapport aux autres entreprises pétrolières européennes: elle bénéficie d'une exemption de l'UE pour continuer d'approvisionner ses raffineries en pétrole russe.

    Alors que le rôle particulier de la Hongrie n'avait guère attiré l'attention jusqu’ici, la Turquie ne fait pas mystère depuis longtemps du fait qu'elle profite largement des importations de pétrole en provenance de Russie.

    […]

    Sources: Warum ukrainische Panzer mit russischem Öl fahren – Handelsblatt

    Les chars ukrainiens fonctionnent au pétrole russe raffiné en Hongrie et en Turquie – Aube digitale

  • « À partir de cette année, l’Europe devra vivre sans pétrole russe »

    Publié par Guy de Laferrière le 03 décembre 2022

     
    En réaction à la décision de l’UE de fixer le prix plafond du pétrole russe à 60 dollars de baril, un diplomate russe de haut rang a annoncé que l’Europe ne recevra plus de brut produit par son pays.

    Les pays européens auront à vivre sans pétrole russe à partir du 5 décembre 2022, a déclaré le représentant permanent de Moscou auprès des organisations internationales à Vienne Mikhaïl Oulianov.

    « À partir de cette année, l’Europe devra vivre sans pétrole russe (…). Attendez un peu, et l’UE accusera la Russie d’utiliser le pétrole comme arme », a assuré le diplomate sur sa page Twitter tout en qualifiant le plafond des prix de « contraire aux règles du marché ».

    La veille, les 27 pays de l’UE ont trouvé un accord sur le plafonnement à 60 dollars par baril des prix du pétrole russe.

    Auparavant, le Président Vladimir Poutine, ainsi que d’autres hauts responsables russes, ont à plusieurs reprises promis que Moscou n’allait pas vendre ses hydrocarbures aux pays qui approveraient un tel plafonnement.