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A Yaroun, au sud du Liban, une école catholique tenue par les Sœurs du Saint-Sauveur et le monastère tout proche ont été détruits par des tirs de l’armée israélienne, a rapporté l’Agence nationale de presse libanaise. Des maison et des commerces ont également été lourdement endommagés.
L’armée israélienne reconnaît les tirs mais minimise
L’école « était considérée comme l’une des institutions éducatives les plus éminentes de la région », ayant instruit au fil des ans des milliers d’élèves issus de diverses villes du district de Bint Jbeil, a déclaré l’agence vendredi.
Sa destruction représente « une perte majeure tant sur le plan éducatif que social ». L’armée israélienne, par l’intermédiaire du colonel Avichay Adraee, l’un de ses porte-paroles, a reconnu avoir « un bâtiment religieux » dans le village de Yaroun sans donner plus de détails, minimisant ainsi l’ampleur et la gravité des faits, et ne nommant la religion visée, à savoir la religion catholique.
Cette destruction est un « acte volontaire »
L’œuvre d’Orient, association catholique française, a dénoncé un « acte volontaire de destruction d’un lieu de culte et la destruction systématique des habitations du Sud-Liban visant à empêcher le retour des populations civiles»
Le communiqué de l’association d’aide aux chrétiens d’Orient stipule que « l’armée israélienne a procédé à la destruction d’un couvent à Yaroun, un village du Sud Liban. Ce sanctuaire appartenait aux sœurs Salvatoriennes, un ordre religieux grec-catholique que L’œuvre d’Orient connaît et soutient régulièrement, en particulier les écoles dont les religieuses s’occupent au Liban ».
Ce communiqué rappelle « que d’autres sanctuaires chrétiens ont également été détruits » par l’armée israélienne, comme les églises melkites des villages de Yaroun et Derdghaya, toutes deux classées au patrimoine libanais. Les actes d’antichristianisme israélien se multiplient.
Israël a attaqué une nouvelle fois le Liban depuis le 2 mars 2026, tuant plus de 2 600 personnes et entraînant un déplacement de population de plus d’un million de personnes. Les attaques de l’armée israélienne se concentrent sur les villages chrétiens du Sud-Liban.
Un cessez-le-feu de 10 jours débuté le 17 avril a ensuite été prolongé jusqu’au 17 mai, mais Israël continue de le violer quotidiennement par des frappes aériennes et la démolition de maisons.
De plus, Israël maintient également ce qu’il appelle une « zone tampon » dans le sud du Liban, qu’il affirme destinée à prévenir les attaques du Hezbollah.
A la faveur du conflit avec l’Iran, Israël avance ses pions, c’est-à-dire ses soldats, évacue et bombarde le Liban Sud pour le coloniser à terme. Telle est en tout cas la crainte des Libanais.
Chaque jour qui passe Israël avance un peu plus en territoire libanais
Les troupes israéliennes ont, cette fois, lancé leurs incursions à peine 48 heures après le début des hostilités avec l’ancienne Perse. Celles-ci sont souvent initiées depuis les cinq positions qu’elles n’ont jamais cessé d’occuper en violation du dernier cessez-le-feu signé en 2024. « Et chaque jour qui passe, écrite le quotidien L’Orient-Le Jour, Israël avance un peu plus. Tel-Aviv semble d’autant plus déterminé à mener une invasion après l’opération massive de la « paille mâchée » lancée par le Hezbollah et l’Iran dans la nuit de mercredi. Dans ce cadre, la nature de cette offensive terrestre se précise. »
L’armée israélienne a mené une frappe aujourd’hui sur la banlieue sud de Beyrouth, rapportent plusieurs médias locaux. Elle a également bombardé cette nuit une plage de Beyrouth. Cette frappe israélienne aurait ciblé des tentes de personnes déplacées dans la zone de la plage de Ramla al-Bayda. On dénombre de nombreux morts et blessés. « Un crime de guerre odieux qui rappelle les massacres perpétrés à Gaza » écrit un journaliste du Moyen-Orient. Tashal bombarde ainsi jour et nuit le Sud Liban et la plaine de la Bekaa. Si ces frappes sont dirigées vers des combattants du Hezbollah que Tsahal estime se trouver parmi les populations, ses bombardements ne font pas de distinction entre civils et combattants.
Le peuple libanais ne veut pas la guerre, il se trouve pris dans une guerre qu’il n’a pas choisie, entre Israël et le Hezbollah
« Le peuple libanais ne veut pas la guerre, et le gouvernement libanais poursuit la mise en œuvre de ses décisions », a lancé hier le représentant de Beyrouth devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, Ahmad Arafa. « Le Liban se trouve pris dans une guerre qu’il n’a pas choisie, entre Israël et le Hezbollah : entre une partie qui ne manifeste aucun respect pour les lois de la guerre et poursuit ses agressions contre le Liban, d’une part, et un groupe armé hors la loi qui ne tient aucun compte de l’intérêt du Liban ni de la vie de son peuple, d’autre part », a-t-il déploré.
Une voix qui n’a pas été entendue puisque Israël demande aujourd’hui l’évacuation de toutes les terres libanaises de sa frontière non plus seulement au fleuve Litani à environ 30 kilomètres au nord de la frontière israélienne, mais jusqu’au fleuve plus au nord, le Zahrani à 40 km de l’État hébreux.
Israël ne manifeste aucun respect pour les lois de la guerre et poursuit ses agressions contre le Liban
Les Libanais, dont nombreux appartiennent à des communautés maronites, craignent à juste titre qu’à terme cette partie de leur pays sera colonisée par l’État hébreux et qu’ils ne pourront donc pas revenir chez eux, dans leurs villages chrétiens. C’est pourquoi nombre d’entre eux refusent de quitter leur maison, leur église, leur cimetière.
« Avertissement urgent aux habitants du sud du Liban. Les activités terroristes du Hezbollah contraignent l’armée israélienne à agir fermement contre lui », a indiqué sur X un porte-parole en langue arabe de l’armée, le colonel Avichay Adraee. Il a ajouté que les habitants du sud du Liban devaient « se déplacer immédiatement au nord du fleuve Zahrani ».
Le ministre de la Défense israélienne Israël Katz a ainsi déclaré : « Israël prendra le territoire »
Israël dit avoir ordonné à l’armée de se préparer à « étendre » ses opérations au Liban et prévient les dirigeants libanais qu’il « prendra des territoires » s’ils n’agissent pas contre le Hezbollah. Le ministre de la Défense israélienne Katz Israël Katz a ainsi déclaré :
« Si le Liban n’arrête pas le Hezbollah, Israël prendra le territoire ».
Et d’ajouter :
« Le Premier ministre et moi avons ordonné à Tsahal de se préparer à élargir son activité au Liban afin de rétablir le calme et la sécurité dans les localités du nord. »
Le ministre israélien a également adressé un avertissement direct aux autorités libanaises, estimant que la responsabilité de contenir le Hezbollah leur incombe. « J’ai averti le président du Liban que si le gouvernement libanais ne sait pas contrôler son territoire et empêcher le Hezbollah de menacer les localités du nord et de tirer vers Israël, nous prendrons le territoire et nous le ferons nous-mêmes », a-t-il affirmé.
Les ministres israéliens ne cachent pas vouloir annexer intégralement le Liban
Fort justement, l’analyste Laurent Ozon commente cette hypocrisie israélienne qui s’énonce réalistiquement comme ceci :
« Ce serait sympa si vous pouviez vous battre entre vous pendant qu’on vous bombarde, que nous tuons vos gosses et que nous vous colonisons. »
Et Ozon d’ajouter :
« Israël cherche désormais à déclencher une guerre civile au Liban, tandis qu’il progresse dans l’occupation du Liban et que ses ministres ne cachent pas vouloir l’annexer intégralement. »
Bibi Netanyahu est bien parti dans une guerre de conquête pour réaliser son rêve et celui de trop de ses concitoyens : annexer tout le Liban, au nom de la lutte contre le terrorisme, comme en Palestine, le tout au profit du Grand Israël. Avec la bénédiction des États-Unis et de leurs valets européens.
Et tant pis pour les chrétiens qui vivent dans ce Liban Sud depuis 2000 ans. L’union judéo-chrétienne n’est qu’une fable pour gogos… le réel la pulvérise en un coup de bombardements tueurs…
Depuis deux mille ans, les chrétiens d’Orient vivent sur les terres mêmes où est née leur foi. Ils sont les héritiers d’une présence millénaire, enracinée dans les montagnes du Liban, dans les villages de Syrie, dans les plaines de Mésopotamie et dans toute la Terre sainte.
Aujourd’hui, cette présence est menacée comme jamais.
Au Liban, notamment dans le sud du pays, les villages chrétiens vivent sous la menace permanente des bombardements, de la destruction de leurs maisons et de leurs églises. Des populations civiles sont prises au piège de la guerre, contraintes de fuir leurs terres ancestrales, tandis que des lieux saints qui témoignent de siècles d’Histoire sont frappés par la violence des armes.
Le 9 mars 2026, dans le village chrétien de Qlayaa, le père Pierre el-Raï, prêtre maronite de 50 ans, a été mortellement blessé par un tir d’artillerie israélien alors qu’il se rendait auprès de paroissiens touchés par un bombardement. Il est mort en servant son peuple, fidèle à sa mission pastorale et refusant d’abandonner son village malgré les dangers de la guerre.
Sa mort est une blessure profonde pour les chrétiens du Liban et pour toute l’Église.
Mais face à ce drame, une autre réalité apparaît avec une brutalité insoutenable : le silence et l’inaction de la France.
La France entretient avec le Liban un lien historique, culturel et spirituel unique. Depuis des siècles, elle s’est présentée comme la protectrice des chrétiens d’Orient, notamment des maronites. Pourtant, aujourd’hui, alors que ces communautés sont frappées par la guerre et l’exil, le pouvoir français reste muet.
Pas de réaction forte.
Pas d’initiative diplomatique majeure.
Pas de volonté réelle de défendre ces populations qui furent pourtant longtemps liées à la France par l’Histoire et par la foi.
Cette indifférence n’est pas seulement une faute politique : elle est une honte morale.
Car ce silence révèle une vérité plus profonde : une diplomatie française désormais affaiblie, souvent inféodée à des intérêts extérieurs, incapable de défendre les peuples qui lui étaient autrefois liés par l’Histoire et par la civilisation.
Pendant que les villages chrétiens sont bombardés, pendant que des prêtres meurent en servant leurs fidèles, pendant que des familles entières quittent les terres de leurs ancêtres, la France officielle détourne le regard.
Le drame des chrétiens d’Orient est pourtant clair : si rien n’est fait, leur présence bimillénaire au Moyen-Orient risque de disparaître.
Chaque église détruite, chaque village vidé de ses habitants, chaque famille poussée à l’exil rapproche un peu plus le Proche-Orient d’un désert spirituel et culturel.
Les chrétiens d’Orient ne demandent ni domination ni privilèges.
Ils demandent simplement ce qui devrait être le droit le plus élémentaire pour tous les peuples : le droit de vivre, de prier et de transmettre leur héritage sur la terre de leurs ancêtres.
Face à cette tragédie, nous affirmons :
• la nécessité d’une protection internationale des populations civiles et des lieux saints ;
• la défense du droit des chrétiens du Liban et du Moyen-Orient à rester sur leurs terres ;
• l’exigence que la France retrouve enfin une politique digne de son Histoire et de ses responsabilités dans la région.
Que personne ne puisse dire demain qu’il ne savait pas.
Que personne ne puisse prétendre que ces peuples ont disparu dans l’indifférence générale.
Car le sort des chrétiens d’Orient est une épreuve morale pour notre époque.
Et le silence face à leur disparition serait une faute historique.
Maxime Morlon - Secrétaire général adjoint du Parti de la France
Petits arrangements de dernière minute entre Emmanuel et Benjamin
En échange de la présence de la France dans les négociations sur l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et l’armée israélienne, Paris a fait savoir que Benjamin Netanyahou ne serait pas arrêté s’il venait sur le territoire français et ceci malgré le mandat d’arrêt émis par la CPI contre le Premier ministre israélien.
Alors que Benjamin Netanyahou voulait écarter la France des négociations sur une trêve au Liban, le volte-face de la diplomatie française l’a fait changer d’avis.
Michel Barnier avait pourtant déclaré le 26 novembre, soit quelques heures avant l’annonce du cessez-le-feu au Liban, que la France «appliquera rigoureusement […] les obligations qui lui incombent» en termes de droit international.
Quelques heures plus tard, le Quai d’Orsay a apporté des clarifications sur l’éventuelle application par la France du mandat d’arrêt émis par la CPI à l’encontre de Benjamin Netanyahou et de son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
Ainsi, le jour même où le Premier ministre israélien accepte de mettre fin à la guerre conduite par Israël au Liban, Paris lui donne généreusement des gages en faisant savoir qu’il n’appliquera pas nécessairement le mandat d’arrêt de la CPI à son encontre.