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Il avait demandé un renvoi pour préparer sa défense. Un prévenu de 31 ans a été condamné par le tribunal de Lyon, vendredi, en comparution immédiate, à quatre mois de prison ferme et à quatre mois assortis d’un sursis probatoire de deux ans, pour des outrages contre cinq policiers.
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Les insultes ont été proférées le jour de son interpellation, le 19 juin, dans le quartier de la Part-Dieu (Lyon 3e). Le trentenaire a récidivé le lendemain, au cours de son audition. Il va indiquer qu’il a « le droit de ne pas parler aux Français qui sont des violeurs », rapporte l’avocate d’une policière, qui s’est constituée partie civile et à qui il devra verser 150 € de dommages et intérêts.
« Il a fait état à plusieurs reprises qu’il s’agissait de Français et de chrétiens, complète le ministère public. Ces outrages sont aggravés parce qu’ils sont proférés en raison de la race, de la nation ou de la religion. Ce n’est pas neutre. »
Ce jeudi matin, LyonMag réalisait le bilan de la nuit de la Fête Nationale, avec notamment des incidents dans l’est lyonnais. Mais selon plusieurs témoins, des débordements ont aussi éclaté dans le quartier de la Confluence, dans le 2e arrondissement de Lyon.
Selon nos informations, un groupe de jeunes individus ont d’abord attaqué ce mercredi soir le collège Jean-Monnet situé rue Seguin, à quelques mètres de la caserne de gendarmerie du Général de Division Delfosse. Le groupe serait passé par les rails de la SNCF pour se positionner à l’arrière de l’établissement et caillasser les baies vitrées. Plusieurs d’entre-elles ont été brisées. Les faits se seraient déroulés durant le feu d’artifice tiré à Lyon, pour mieux couvrir le bruit des vitres qui tombaient.
(…) Cette fois, ce sont des immeubles d’habitations qui ont été visés avec des tirs de mortiers d’artifice. Des violences filmées par des riverains alors choqués, d’autant que certains étaient la cible directe de menaces de la part des agresseurs.
(…) Ces attaques pourraient être le résultat d’une “action punitive organisée par une vingtaine de personnes cagoulées” après que des habitants du quartier se soient plaints de nuisances depuis plusieurs mois, et notamment des rodéos et des trafics de stupéfiants. Des plaintes ont été déposées, des enquêtes sont en cours. “On ne peut pas faire venir des milliers de personnes dans le quartier sans mettre un policier, ou des travailleurs sociaux supplémentaires” déplorait un riverain au lendemain des faits.
Lundi vers 23 heures 30, une jeune femme de 20 ans s’est fait voler son téléphone, quai Victor-Augagneur à Lyon (3e) par un individu en état d’ivresse.
Elle a réagi rapidement et a réussi à récupérer son téléphone. Mais l’individu a alors suivi la jeune femme et a exhibé son sexe pour se masturber devant elle.
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L’individu, en situation irrégulière et se disant mineur SDF, par ailleurs déjà connu de la justice, était en possession de deux téléphones dont il a été incapable de justifier l’origine. Il a nié les faits en garde à vue et a été déféré ce mercredi au tribunal judiciaire.
En 2016, une note sensiblement similaire, concernant la poursuite des deux-roues, existait à Lyon et selon plusieurs sources policières elle est “toujours en vigueur”. Contacté, un policier haut placé nous a expliqué que ” bien sûr rien n’a changé. “Lyon Capitale” avait fait un article en 2016… Tant qu’une note ne supplante pas une autre, elle est toujours en vigueur. C’est encore le cas ».
Pierre Tholly, secrétaire régional Aura Alliance Police nationale le confirme également, en précisant qu’”il s’agit d’une note nationale, qui préconise de ne pas chasser, c’est-à-dire de ne pas poursuivre les scooters. Cette note est déclinée à Lyon en reprenant mot pour mot la note nationale”.
Une note similaire révélée par Lyon Capitale en 2016
En juillet-août 2016, Lyon Capitale avait révélé l’existence de cette note. À la suite de quoi le directeur de la DDSP (Direction départementale de la sécurité publique) de l’époque nous avait convoqués. Lors de cet entretien, publié dans notre numéro 758 de septembre 2016, nous lui avions demandé de nous confirmer s’il y avait “des consignes pour ne pas arrêter certains délinquants“.
Il nous avait alors répondu : “Il n’y a pas de consignes de ne pas arrêter des délinquants. Le rôle des services de police est d’arrêter tous les délinquants. Concernant les courses-poursuites, elles sont parfaitement justifiées lorsque l’on a affaire à un criminel. Par exemple, s’il s’agit d’un go-fast et qu’il y a plusieurs dizaines de kilos de stups. […] Le gamin qui va arriver sans casque en faisant des allers-retours devant une patrouille de police, nous ne demanderons pas à la patrouille de prendre tous les risques pour le coincer. Si on peut l’interpeller, on le fera. Mais si le gamin prend des risques inconsidérés pour échapper aux forces de l’ordre, nous n’allons pas nous aussi nous lancer dans un rodéo et prendre tous les risques pour le rattraper et en faire prendre aux tierces personnes. Pour une contravention de petite classe, est-ce que ça vaut le coup de griller des feux, de prendre le risque de renverser des piétons ou des deux-roues pour interpeller un gamin qui roulait sans casque ?”
Ce mercredi, la commissaire, chef de la circonscription de Sarcelles (Val d’Oise), a écrit une note de service rappelant formellement aux policiers de ne plus prendre en chasse les motards ou automobilistes qui refuseraient d’obtempérer lors d’un contrôle. Immédiatement, la grogne a gagné les rangs des hommes de terrain.
En réaction, comme « la circonscription de Sarcelles a trop souvent été confrontée à des phénomènes de refus d’obtempérer, ayant engendré des accidents graves », la commissaire Fabienne Azalbert a décidé « de proscrire totalement la prise en charge d’un engin motorisé », de deux ou quatre roues, comme elle l’a écrit dans une note de service. Elle y rappelle le mode opératoire à appliquer lors d’un contrôle : « si le conducteur du véhicule n’obtempère pas immédiatement aux injonctions visuelles ou sonores, il n’y aura aucune prise en charge tolérée. » En clair, pas de poursuite sur le terrain.
« On cède à la loi des cités »
La grogne dans les rangs des policiers ne s’est pas fait attendre. « En gros on cède à la loi des cités, peste un homme de terrain. Un dealer ou quelqu’un qui est recherché n’aura qu’à refuser de s’arrêter devant une patrouille pour être tranquille. Avec cette mesure, autant cesser tout contrôle. On va uniquement embêter des pères de famille qui auront un clignotant abîmé et accepteront de nous obéir. »
Peu après 23h, rue Sergent Michel Berthet, un équipage de policiers a voulu interpeller un homme faisant l’objet d’une fiche de recherche. Ce dernier devait effectuer une peine de prison. Mais l’arrestation a rapidement dégénéré puisque l’homme s’est violemment rebellé. Finalement maîtrisé, l’individu a été placé en garde à vue pour violences aggravées sur personne dépositaire de l’autorité publique.
Dans le même temps, la patrouille du groupe de sécurité de proximité a également été prise à partie par une dizaine d’individus. Ces derniers n’ont pas hésité à tirer des mortiers d’artifice sur les policiers, faisant deux blessés légers. Selon nos informations, les deux fonctionnaires souffrent notamment de brûlures et d’acouphènes. Ils ont obtenu un jour d’ITT, l’un d’eux est aussi arrêté pour quatre jours.