GJN1 gjngjN

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le Parti de la France Occitanie Guy Jovelin - Page 1731

  • A quand les excuses d’Alger pour la traite des esclaves européens ?

    Publié par Guy Jovelin le 12 juillet 2020

    Pères de l’Ordre des Trinitaires négociant le rachat d’esclaves français à Alger au début du XVIIe siècle.

    De l’africaniste Bernard Lugan :

    « En ces temps de repentance et d’ethno-masochisme, puisque ceux qu’il est difficile de désigner autrement que par le terme d’ennemis, vu leur comportement à l’égard de la France, s’amusent à jongler avec le contexte historique, alors, faisons de même.

    L’Algérie aux abois économiquement, ruinée par les profiteurs du Système qui depuis 1962 se sont méthodiquement engraissés en pillant ses ressources, a donc l’outrecuidance de demander des excuses à la France. Pourquoi pas d’ailleurs, puisque, comme le disait Etienne de la Boétie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » ?

    Des excuses donc pour avoir tracé en Algérie 54 000 kilomètres de routes et pistes (80 000 avec les pistes sahariennes), 31 routes nationales dont près de 9000 kilomètres goudronnés, construit 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, 23 ports aménagés (dont 10 accessibles aux grands cargos et dont 5 qui pouvaient être desservis par des paquebots), 34 phares maritimes, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels, 31 centrales hydroélectriques ou thermiques, une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités avec 800 000 enfants scolarisés dans 17 000 classes (soit autant d’instituteurs, dont deux-tiers de Français), un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants. Sans parler d’une agriculture florissante laissée en jachère après l’indépendance, à telle enseigne qu’aujourd’hui l’Algérie doit importer du concentré de tomates, des pois chiches et jusqu’à la semoule pour le couscous…

    Or, tout ce que la France légua à l’Algérie en 1962 fut construit à partir du néant, dans un pays qui n’avait jamais existé et dont même le nom lui fut donné par le colonisateur… Tout avait été payé par les impôts des Français. En 1959, toutes dépenses confondues, l’Algérie engloutissait ainsi 20% du budget de l’Etat français, soit davantage que les budgets additionnés de l’Education nationale, des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce ! (Voir à ce sujet mon livre Algérie l’Histoire à l’endroit).

    L’Algérie a exigé, et sur ce point comment ne pas être d’accord avec elle, que la France lui restitue les cranes de combattants vaincus par l’armée française lors de la conquête. Mais alors, quid des restes des dizaines de milliers d’esclaves européens dont des milliers de Français enlevés en mer ou par des razzia littorales, morts en Algérie et enterrés dans la banlieue d’Alger dans ce qui, avant la conquête était désigné comme le cimetière des chrétiens ? C’est en effet par dizaines de milliers que des hommes, des femmes et des enfants européens furent pris en mer ou enlevés à terre par les pirates barbaresques. De 1689 à 1697, Marseille perdit ainsi 260 navires ou barques de pêche et plusieurs milliers de marins et de passagers, tous ayant été réduits en esclavage. En 1718, la comtesse du Bourk, ses enfants et ses domestiques qui avaient embarqué à Sète pour rejoindre via Barcelone son mari ambassadeur en Espagne furent capturés en mer. La petite Marie-Anne du Bourk alors âgée de 9 ans, fut rachetée en 1720.

    Grâce aux rapports des pères des Ordres religieux dits de « rédemption des captifs », qu’il s’agisse de l’Ordre des Trinitaires fondé par Jean de Matha et Félix de Valois, ou des Pères de la Merci, les Mercédaires, un ordre religieux fondé par Pierre Nolasque, nous connaissons les noms de milliers d’esclaves rachetés, ainsi que leurs villes ou villages d’origine, cependant que, faute de moyens, des dizaines de milliers d’autres ne le furent pas et moururent dans les chaînes.

    En 1643, le Père Lucien Héraut, prêtre de l’Ordre de la Trinité et Rédemption des Captifs, rentra en France avec 50 malheureux Français qu’il venait de racheter aux esclavagistes algérois. Faute de moyens, la mort dans l’âme, il avait laissé derrière lui plusieurs milliers d’autres Français, sans compter les milliers d’esclaves appartenant aux autres nations européennes enlevés en mer ou sur le littoral.

    Dans une lettre d’une grande puissance de témoignage adressée à Anne d’Autriche, Reine-Régente du royaume de France, le père Héraut se fit l’interprète des captifs, s’adressant à la reine en leur nom, afin de lui demander une aide financière pour les racheter. Une lettre qui devrait clore les prétentions et les exigences d’excuses des descendants des esclavagistes algérois : « Larmes et clameurs des Chrestiens françois de nation, captifs en la ville d’Alger en Barbarie, adressées à la reine régente, par le R. P. Lucien Heraut, Religieux de l’Ordre de la Trinité et Rédemption des Captifs, 1643.

    « (…) ainsi qu’il arrive ordinairement aux vassaux de vostre Majesté, qui croupissent miserablement dans l’horrible esclavage (…) cette mesme necessité addresse aux pieds de sa clemence et Royalle bonté, les larmes et soupirs de plus de deux milles François de nation Esclaves en la seule ville d’Alger en Barbarie, à l’endroit desquels s’exerce les plus grandes cruautés que l’esprit humain puisse excogiter, et les seuls esprits infernaux inventer. 

    Ce n’est pas, Madame, une simple exaggeration (…) de ceux, qui par malheur sont tombés dans les griffes de ces Monstres Affricains, et qui ont ressenty, comme nous, leur infernalle cruauté, pendant le long sejour d’une dure captivité, les rigueurs de laquelle nous experimentons de jour en jour par des nouveaux tourments: la faim, le soif, le froid, le fer, et les gibets (…) mais il est certain que les Turcs et Barbares encherissent aujourd’hui par-dessus tout cela, inventans journellement de nouveaux tourments, contre ceux qu’ils veulent miserablement prostituer, notamment à l’endroit de la jeunesse, captive de l’un et l’autre sexe, afin de la corrompre à porter à des pechés si horribles et infames, qu’ils n’ont point de nom, et qui ne se commettent que parmys ces monstres et furies infernales et ceux qui resistent à leurs brutales passions, sont écorchez et dechirez à coup de bastons, les pendants tous nuds à un plancher par les pieds, leur arrachant les ongles des doigts, brullant la plante des pieds avec des flambeaux ardents, en sorte que bien souvent ils meurent en ce tourment. Aux autres plus agés ils font porter des chaisne de plus de cent livres de poids, lesquelles ils traisnent miserablement partout où ils sont contrains d’aller, et apres tout cela si l’on vient à manquer au moindre coup de siflet ou au moindre signal qu’ils font, pour executer leurs commandements, nous sommes pour l’ordinaire bastonnez sur la plante des pieds, qui est une peine intollerable, et si grande, qu’il y en a bien souvent qui en meurent, et lors qu’ils ont condamné une personne à six cent coups de bastons, s’il vient à mourir auparavant que ce nombre soit achevé, ils ne laissent pas de continuer ce qui reste sur le corps mort. 

    Les empalements son ordinaires, et le crucifiment se pratique encore parmy ces maudits barbares, en cette sorte ils attachent le pauvre patient sur une manière d’echelle, et lui clouent les deux pieds, et les deux mains à icelle, puis après ils dressent ladite Eschelle contre une muraille en quelque place publique, où aux portes et entrées des villes (…) et demeurent aussi quelque fois trois ou quatre jours à languir sans qu’il soit permis à aucun de leur donner soulagement. 

    D’autres sont écorchez tous vifs, et quantitez de bruslez à petit feu, specialement ceux qui blasphement ou mesprisent leur faux Prophete Mahomet, et à la moindre accusation et sans autre forme de procez, sont trainez à ce rigoureux supplice, et là attachez tout nuds avec une chaine à un poteau, et un feu lent tout autour rangé en rond, de vingt-cinq pieds ou environ de diametre, afin de faire rostir à loisir, et cependant leur servir de passe-temps, d’autres sont accrochez aux tours ou portes des villes, à des pointes de fer, où bien souvent ils languissent fort long temps. 

    Nous voions souvent de nos compatriots mourir de faim entre quatre murailles, et dans des trous qu’ils font en terre, où ils les mettent tout vif, et perissent ainsi miserablement. Depuis peu s’est pratiqué un genre de tourment nouveau à l’endroit d’un jeune homme de l’Archevesché de Rouen pour le contraindre a quitter Dieu et nostre saincte Religion, pour laquelle il fut enchaisné avec un cheval dans la campagne, l’espace de vingt-cinq jours, à la merci du froid et du chaud et quantitez d’autres incommoditez, lesquelles ne pouvant plus supporter fit banqueroute à notre saincte loy. 

    Mille pareilles cruautez font apostasier bien souvent les plus courageux, et mesme les plus doctes et sçavants : ainsi qu’il arriva au commencement de cette presente année en la personne d’un Père Jacobin d’Espagne, lequel retenu Captif, et ne pouvant supporter tant de miseres, fit profession de la loy de Mahomet, en laquelle il demeura environ six mois, pendant lesquels (…) il avoit scandalisez plus de trente mille Chrestiens esclaves de toutes nations (…) il se resolu à estre brullé tout vif, qui est le supplice ordinaire de ceux qui renoncent à Mahomet (…)en suite deqoy il fut jetté en une prison obscure et infame (…) Le Bascha le fit conduire au supplice(…) il fut rosty à petit feu un peu hors de la ville près le Cimitiere des Chrestiens. 

    Nous n’aurions jamais fait, et nous serions trop importuns envers votre Majesté, de raconter icy toute les miseres et calamitez que nous souffrons : il suffit de dire que nous sommes icy traittez comme de pauvres bestes, vendus et revendus aux places publiques à la volonté de ces inhumains, lesquels puis apres nous traittent comme des chiens, prodiguans nostre vie, et nous l’ostans, lors que bon leur semble (…). 

    Tout cecy, Madame, est plus que suffisant pour émouvoir la tendresse de vos affections royales envers vos pauvres subjets captifs desquels les douleurs sont sans nombre, et la mort continuelle dans l’ennuy d’une si douleureuse vie (…), et perdre l’ame apres le corps, le salut apres la liberté, sous l’impatience de la charge si pesante de tant d’oppressions, qui s’exercent journellement en nos personnes, sans aucune consideration de sexe ny de condition, de vieil ou du jeune, du fort ou du foible : au contraire celuy qui paroist delicat, est reputé pour riche, et par consequent plus mal traitté, afin de l’obliger à une rançon excessive, par lui ou par les siens (…) nous implorons sans cesse, jettant continuellement des soupirs au Ciel afin d’impetrer les graces favorables pour la conservation de vostre Majesté, et de nostre Roy son cher fils, destiné de Dieu pour subjuguer cette nation autant perfide que cruelle, au grand souhait de tous les Catholiques, notamment de ceux qui languissent dans ce miserable enfer d’Alger, une partie desquels ont signé cette requeste en qualité, Madame, de vos tres humbles, tres obeyssants, tres fidels serviteurs et vassaux les plus miserables de la terre, desquels les noms suivent selon les Dioceses et Provinces de votre Royaume. »  »

     

    Source : contre-info

  • En 2019, 112 000 étrangers ont obtenu la nationalité française, soit 99,96% des demandeurs…

    Publié par Guy Jovelin le 12 juillet 2020

    Auteur : Henri

    La France est ouverte aux quatre vents et est littéralement submergée par l’immigration : tout le monde le sait malgré les dénégations mensongères des gros médias et des politiciens mais, chose au moins aussi grave, sa nationalité est bradée depuis des décennies par la République.
    « Être français », au sens moderne, ne veut strictement plus rien dire : il s’agit simplement d’une formalité administrative pour les républicains, d’un bout de papier, précieux simplement car il donne encore plus de droits et d’aides économiques à ceux qui en bénéficient.

    Chaque année environ 100 000 étrangers acquièrent la nationalité française, par divers modes, mais la presque totalité restent totalement étrangers, c’est-à-dire qu’au-delà du sang ils gardent leur culture et mœurs d’origine.

    En même temps, il est difficile de le leur reprocher car il n’y a plus vraiment de culture française aujourd’hui (sans parler de civilisation), celle-ci – appuyée sur les cultures locales de France – a été tuée par la République et n’est désormais qu’une variante de la sous-culture mondialisée à saveur américaine.
    Beaucoup de ces nouveaux « Français » parlent à peine le français.

    Quand nous disons que la nationalité française est bradée, c’est sur un constat que chacun peut faire en discutant avec un naturalisé ne parlant que quelques mots de français et aux mœurs exotiques, mais c’est aussi grâce à des chiffres officiels.

    Il n’est pas d’examen plus facile à réussir, même le baccalauréat 2020 est enfoncé !
    En effet, plus de 99,96 % des demandes de nationalité française sont accordées.

    Plus de 112.000 étrangers ont obtenu la nationalité française en 2019, dont 27.000 environ par mariage. Dans le même temps, 13 personnes seulement ont vu leur demande rejetée par un décret d’opposition motivé par un «défaut d’assimilation» autre qu’une maîtrise insuffisante de la langue de Molière. Et 62 pour «indignité». Soit 75 rejets exprimés pour les cas les plus litigieux, qui témoignent d’un comportement totalement en contravention avec les valeurs de la République. (source Le Figaro)

    Vous noterez que pour le Régime, les valeurs de la France n’existent pas, il n’est question que de « valeurs de la République ». Ces gens confondent France et République et, de fait, nient la France.
    Pourquoi ne pas donc distinguer citoyenneté républicaine et réelle nationalité française ?!

     

    Source : contre-info

  • Lyon : un homme blessé par balle après avoir menacé la police avec une hache

    Publié par Guy Jovelin le 12 juillet 2020 

    Par  le 12/07/2020

    […]

    Les faits se sont déroulés vers 12 heures dans le IXe arrondissement sur le quai Arloing, peu après que des policiers en véhicule ont demandé à un automobiliste de s’arrêter pour procéder à « un contrôle routier classique », a-t-on précisé, confirmant une information du journal régional Le Progrès. Le conducteur ne s’est pas arrêté.

    « Il y a eu alors une petite course-poursuite et le véhicule s’est immobilisé plus loin et le conducteur est sorti, muni d’une hache, et s’est dirigé en direction des policiers en la brandissant. Les fonctionnaires ont mis un pied à terre du véhicule et ont riposté avec leurs armes de service », a-t-on expliqué.

    […]

    L’article dans son intégralité sur Sud-Ouest via fdesouche

  • Sahel : des enfants djihadistes lourdement armés attaquent les militaires français, un phénomène en pleine expansion qui inquiète l’armée

    Publié par Guy Jovelin le 12 juillet 2020

    Par  le 12/07/2020

    De jeunes recrues jihadistes lourdement armées s’en prennent aux militaires français déployés au Sahel pour lutter contre le terrorisme. Le phénomène est en pleine expansion et inquiète l’armée française.

    5.000 soldats français sont engagés actuellement dans la force Barkhane, au Sahel. Depuis quelques mois, ils font face à un ennemi redoutable et redouté : des enfants soldats, jeunes recrues djihadistes lourdement armées, qui s’en prennent directement aux militaires. Ce sont des filles comme des garçons, parfois âgés de 7 ans à peine.

    (…) Ces jeunes ont entre 12 et 14 ans, parfois moins. Plusieurs ont été capturés, notamment certains guetteurs lors des opérations coups de poing des forces spéciales contre les jihadistes. Prisonniers, ils ont été séparés des adultes dans les geôles maliennes et une réflexion est actuellement engagée avec le CICR, la Croix-Rouge, pour tenter de les déradicaliser.

    RTL via fdesouche

  • Covid-19. Des héros et des salauds

    Publié par Guy Jovelin le 12 juillet 2020

    Covid-19. Des héros et des salauds

    Par Dominique Remmaker, biologiste et chercheur ♦ Dresser un bilan provisoire de l’épidémie de Covid-19, ce n’est pas seulement comptabiliser les victimes de la maladie et les effets économiques du confinement. C’est aussi s’intéresser au monde de la Santé et à sa médiatisation. Dominique Remmaker dresse un bilan incisif de cette période pour les professionnels de santé.
    Polémia

    Don et contre don

    On doit à l’écrivain Alphonse Karr (1808-1890) cette phrase un rien sibylline : « Un service que l’on rend est une dette que l’on contracte ». À la suite de Marcel Mauss et des théoriciens du don – contre don, il ne faut jamais perdre de vue en effet que contracter une dette, c’est subir en retour le pouvoir et le prestige du donneur. Un sentiment difficile pour l’ego, d’autant plus que le créancier est une construction sans chair ni os. Voici donc « les soignants », héros de vingt heures comme le gigot l’est de sept, qu’il fallut applaudir dans un élan de concorde nationale, à l’unisson des propagandistes médiatiques. Un peu comme dans le temps de la guerre – mythifié par un président qui ne l’a jamais connu –, tous montèrent au front en gants blancs et masques invisibles, contre un ennemi qui ne l’était pas moins. En face d’un simple bout d’ARN ceint de quelques protéines, notre société des droits individuels s’éprit d’un travers collectif : renoncer à la haine de classe, de caste, corporatiste, raciale, religieuse, anti-mâle blanc, progressiste, traoriste, en un mot, multiculturelle. Point de distinction entre médecins, infirmières ou aides-soignantes parmi ces professionnels qui consentirent à prendre le risque de leur vie pour leur idéal. Point de médecins nantis, corrompus et surpayés, à opposer à des personnels affamés et opprimés par un pouvoir d’essence patriarcale. Seulement de vrais courageux, altruistes et solidaires, qui s’infectèrent et parfois moururent sans distinction d’appartenance. Et dont on découvrit soudain l’importance sociale, la précarité, les faibles rémunérations et la mise en coupe réglée par la technocratie politico-gestionnaire. Des idoles, en somme, qu’il fut bon de célébrer au son des casseroles entre l’apéro et le repas du soir, durant deux mois de grande trouille nationale entretenue par les clairons mortifères de BFMTV. Ils n’en demandaient pas tant. L’ennui, c’est que ce qu’ils demandent aujourd’hui, ils ne l’obtiendront pas. Et que les groupies d’hier commencent à déboulonner leurs statues – décidément, une manie !

    Ségur

    Tout d’abord, nous avons le « Ségur de la Santé », bel enfumage à mi-chemin entre le Grenelle de 1962 et la Comtesse de Ségur. Lorsqu’il s’agit des comptes de Ségur, pour le coup, les habituels professionnels de l’appareil oligarcho-syndical sont de retour, et avec eux des rapports de force bien marxisants. Inexistants, les médecins si pauvrement défendus par leurs organisations professionnelles, le plus souvent rivales. Ils n’auront que quelques miettes salariales. L’essentiel de la démagogie politicarde profitera à d’autres, certes moins payés, mais pas nécessairement plus méritants. A défaut de revalorisation salariale, les médecins pouvaient espérer un renouveau du système de santé et notamment de l’hôpital public. Ils auront le monde d’avant, mais en pire. Il suffit d’observer le fonctionnement actuel des grands CHU pour le comprendre : retour en force du pouvoir directorial, arrêt des investissements et des recrutements, maintien d’une bureaucratie pléthorique et inefficace, poursuite de la suppression des lits et des postes de soignants. Heureusement, l’inénarrable Martin Hirsch, « patron de l’AP-HP », comme l’appellent les médias, a occupé le terrain de la com’ et réussi à faire croire qu’un énarque tout-terrain pouvait être à la fois l’allié des médecins et le premier des chercheurs en face du SARS Cov 2. Risible.

    Raoult-mania

    Et puis, les pauvres médecins ont eu Raoult et les infectiologues de l’AP-HP. Le coup de grâce.

    Le premier est devenu l’âme du Peuple, le parangon de la lutte antisystème, une sorte de saint laïc dont la personne, les opinions et les productions scientifiques ont fusionné en une moderne eucharistie. Toute discussion sur l’infaillibilité de l’hostie-chloroquine est hérétique, tout contestataire frappé d’excommunication. Il est bon de penser que l’oligarchie a confiné le Peuple et laissé se développer l’épidémie alors que la panacée était à portée de mains ; il est bon de croire qu’elle a été conseillée par des experts incompétents et corrompus, à la seule fin de servir les intérêts d’un laboratoire américain et de ses actionnaires. Il est bon de se sentir médecin en deux mois d’études sur YouTube au lieu de quinze ans au lit des malades. Il est bon de haïr tous azimuts parce que c’est facile. Il est bon de croire, soudain, que le monde n’est pas si complexe qu’on pouvait le croire. Il est rassurant de penser que la science médicale n’est pas si fragile en face des brutalités de la nature, mais bien plutôt pervertie par quelques-uns, au nom d’un projet satanique. Les réseaux sociaux ne racontent que cela. Des intellectuels plutôt solides, comme Michel Onfray et Florian Philippot, montrent des signes d’adhésion à ces thèses, qui viennent consolider leur explication holistique du monde actuel, à laquelle pourtant l’auteur de ces lignes adhère à bien des égards. Sans accepter, pour autant, de renoncer à une approche scientifique de la médecine qui nous a fait passer de la saignée et des clystères aux trithérapies du VIH et à l’angioplastie coronarienne. C’est une approche exigeante, qui impose la prééminence des faits d’observation et des données expérimentales sur les croyances, même quand elles ont des allures de conviction. On ne compte plus les dogmes médicaux pourtant considérés comme absolus, qui ont été balayés dès lors que l’on a accepté de les évaluer vraiment. La science, c’est l’humilité sans cesse renouvelée de celui qui accepte l’erreur pour mieux aller vers la vérité ; puis de ne regarder celle-ci que comme temporaire et relative. La science médicale, c’est toute la fragilité de l’homme expliquée rationnellement ; c’est aussi, souvent, l’impuissance du médecin qui sait mais ne peut, ou ne sait ni ne peut…

    La réalité est là, têtue, inexorable : rien ne démontre aujourd’hui de manière irréfutable l’efficacité de la panacée marseillaise, rien ne démontre non plus son inefficacité. Mais la charge de la preuve ne peut en l’espèce être renversée : lorsque des médicaments sont prescrits, la moindre des choses est de démontrer positivement leur efficacité. Les arguments collatéraux en faveur de la Raoult-thérapie ne tiennent pas. Le premier : l’auteur est un grand scientifique dans son domaine. Einstein aussi était un grand scientifique, mais il s’est trompé à propos de la physique quantique. Le second : la pandémie est une urgence, pas le temps de faire des essais cliniques. Le cancer tue environ 450 personnes chaque jour dans notre pays. Faut-il pour autant donner n’importe quoi à n’importe qui ? L’équipe de Marseille avait la possibilité de faire l’étude qui aurait mis tout le monde d’accord, ne serait-ce qu’en comparant par exemple :  l’hydroxychloroquine seule, son association à l’azythromycine et l’azythromycine seule. Ainsi, aucun malade n’aurait été « désavantagé » par un placebo…

    Les dérives des scientifiques

    Il faut dire qu’en face de Saint Raoult, nous eûmes les dérives du business de la publication scientifique, dont tous les chercheurs savent qu’elle est vulnérable à la fraude et encore plus au militantisme idéologique – qui existe aussi en science. Occasion supplémentaire d’un conflit entre l’arrogante science anglo-saxonne, capitaliste et libérale, et les gaulois réfractaires à cheveux blancs et chevalière à tête de mort. To publish or to perish, l’épidémie Covid-19 fut une manne pour tous les « chercheurs » en manque d’indices bibliométriques et les journaux en quête de sensationnel vendeur. Rien que du classique. Nous eûmes aussi nos nombreux collègues parisiens, infectiologues, réanimateurs, épidémiologistes et j’en passe, si assoiffés de grégarité wharolienne, transformés en animateurs des soirées de CNews, LCI et BFM. Quelle consternante précipitation que la leur, à faire de l’ignorance une connaissance, à exister pour exister, à prétendre tout et son contraire, à s’affronter à coup d’arguments aussi fallacieux qu’imprécis ou indémontrables. Il eut été simple, au demeurant, de ne pas donner à manger aux chiens perpétuellement affamés de l’info fast-food, en leur répondant : « Nous sommes des soignants, pas des bateleurs. Laissez-nous travailler, car nous avons besoin de temps. Consultez plutôt des voyants ». Ils n’ont pas agi en scientifiques, mais en pauvres Diafoirus irresponsables. Les conséquences de leur dilettantisme aboutissent à ce que les médecins et chercheurs soient vus aujourd’hui comme les petites mains de Big Pharma, les complices d’un pouvoir dictatorial, des mandarins assoiffés de gloire, quand il ne s’agit pas d’imbéciles et d’incompétents. Quand les pseudo-stars parisiennes comprendront-elles qu’il faut cesser cet exhibitionnisme des plateaux-télé ? Leur narcissisme a fabriqué des salauds qui ne le méritaient pas.

    Dominique Remmaker
    12/07/2020

    Source : Correspondance Polémia

    Crédit photo : Domaine public