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La France souffre de la perte par ses élites du sens du réel et de leur devoir vis-à-vis de la collectivité

Publié par Guy Jovelin le 16 février 2022

La France souffre de la perte par ses élites du sens du réel et de leur devoir vis-à-vis de la collectivitéLa France souffre de la perte par ses élites du sens du réel et de leur devoir vis-à-vis de la collectivité

Le Prince Louis de Bourbon a été interrogé par La Fugue. Extraits :

Incarnez-vous, au-delà de l’héritage culturel et historique, un véritable modèle politique? Vous qualifieriez-vous “d’homme politique” ? 

Comme héritier de La royauté française, nul ne doute que j’incarne un modèle politique. C’est pour cela que jusqu’aux années 1950, la république imposait l’exil aux chefs de Maison. Il y avait un rejet idéologique de ce modèle.

Ainsi en assumant, comme mes prédécesseurs, cette place de successeur légitime je suis un « homme politique »… Mais encore faut-il s’entendre sur le terme homme politique. En royauté l’homme politique est celui qui est au service de son pays, qui l’incarne dans la durée.  Le roi, parce qu’il était sacré, n’exerçait pas seulement une fonction de gestion des hommes et des choses, mais d’abord un service dû à ceux qu’il dirigeait. Cet aspect religieux était très important puisqu’il garantissait les dérives notamment celles menant à la tyrannie qui est l’exercice du pouvoir pour les seules fins de celui qui l’exerce.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres hommes politiques ?

Ma liberté. Je ne dépends de personne ni d’aucun groupe. C’est l’hérédité qui m’a désigné c’est-à-dire quelque chose qui échappe totalement au commerce des hommes et aux combinaisons politiciennes. C’est la Providence qui fait qu’on est roi ou chef de Maison. Cela donne une légitimité qu’aucun autre pouvoir ne peut avoir. C’est cela la souveraineté.

[…]

Quelle définition donneriez-vous de l’homme providentiel ?

Celui qui arrive au bon moment… Mais je crois plus en la Providence qu’en l’homme providentiel.

La dimension providentielle peut-elle provenir d’un engouement populaire ou est-elle nécessairement fondée sur l’autorité divine ?

Comme le dit Saint-Paul, il n’y a pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu.

Peut-on dire que les rois, en tant que personnes sacrées et tenant leur autorité de droit divin, sont, par essence, des “hommes providentiels” ?

Ne l’ont-ils pas tous été ?

Dernièrement vous écriviez, évoquant la proximité des élections présidentielles : “N’est-ce pas le moment de placer la barre plus haut ? Qu’est-ce qui sera le bon et le bien pour la France et les Français de demain ? sur le long terme. Voir juste et voir loin”. Voyez-vous en la monarchie le seul régime capable de proposer une telle solution ?

Montrez-m’en d’autres ?

Mais que l’on s’entende bien, je parle plus volontiers de royauté « à la française » c’est-à-dire fortement ancrée sur son territoire (le pré-carré) et le service des hommes, mais couronnée par Dieu par le sacre, que de monarchie, régime d’un seul qui peut être exercé à des fins personnelles…

Quelles réponses la monarchie pourrait-elle apporter aux crises multiples qui fracturent notre société ? crise sociale, économique, politique, écologique, religieuse, etc.

Avant les réponses, au pluriel et selon les conjonctures du moment, il y aurait surtout un changement d’optique. Remettre la société à l’endroit en recréant une société finalisée. Les fractures de notre société viennent de causes profondes qui sont nées d’un abandon des fondamentaux qui garantissent la vie sociale au profit de fausses idéologies délétères. Ce qui fait du mal à la société c’est l’individualisme et le relativisme. Il n’y a plus ni bien, ni vrai, ni juste. La confusion règne partout et la notion de bien commun a cédé la place à la primauté donnée aux intérêts individuels ou communautaristes.

Selon vous, de quel mal souffre le plus la France de nos jours ? 

Que ses élites aient perdu le sens du réel et de leur devoir vis-à-vis de la collectivité.

Pour se relever, la France a-t-elle besoin d’un homme providentiel ?

Chaque Français peut contribuer à être l’homme providentiel dès lors qu’il assume ses devoirs d’état, vis-à-vis de sa famille et de son pays. Il y a une conversion de tous qui est nécessaire. Aide- toi et le Ciel t’aidera. N’inversons pas les rôles.

Le risque lié à l’attente de l’homme providentiel, n’est-il pas de tomber dans un attentisme stérile ?

Ni Saint Louis, ni Henri IV n’ont attendu l’homme providentiel. Ils ont mis leur énergie au service de leur royaume.

Que diriez-vous aux jeunes qui veulent s’engager pour le bien commun aujourd’hui ? 

N’ayez pas peur ! Allez-y.

 

Source : lesalonbeige

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