Publié par Guy Jovelin le 10 avril 2021

À Toulouse, 30 à 40 % des livreurs sont des clandestins. La livraison à domicile, un job vital pour ces dizaines de travailleurs en attente de régularisation ou en situation irrégulière. Certains y voient « une exploitation de la misère » par des plateformes dont l’une, Deliveroo, vient de faire son entrée en Bourse le 31 mars. À l’heure du couvre-feu, dans les rues quasi désertes de la Ville rose, on les voit pédaler toujours plus vite sur des vélos d’infortune.
Parmi eux, Younès, 25 ans, Soudanais, demandeur d’asile, travaille en toute clandestinité.
[…]Mais sur le terrain, la pratique s’étend par le bouche-à-oreille et la solidarité communautaire. « J’ai travaillé avec deux comptes », poursuit Younès. Le premier appartenait déjà à un demandeur d’asile qui louait lui-même un compte. Le second était celui d’un livreur français. En général, le partage des gains est de 60 % pour le titulaire du compte et 40 % pour celui qui le sous-loue. Il y a des gens qui proposent aux sans papiers ce type de partage, c’est moitié-moitié. Si en une semaine je gagne 100€, je verse 50€ au détenteur du compte. En général je travaille 60 heures par semaine pour 300€. Par mois, je peux gagner autour de 1 000€. Le prix des courses a baissé. Quand je prends une commande c’est 5€ mais la seconde est payée 1€ ou 95 centimes, à l’autre bout de la ville ». Younès n’a pas participé au rassemblement des livreurs en colère vendredi 26 mars à Toulouse. « J’ai besoin de ce job pour vivre même si ce n’est plus assez bien payé ».
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Un peu partout en France, des enquêtes sont en cours, menées par les gendarmes de l’Office central de lutte contre le travail illégal. Les investigations ont déjà permis de repérer des structures criminelles élaborées se livrant à des formes graves d’exploitation par le travail : confiscation de documents administratifs et chantage pour travailler davantage au service de filières étrangères. Une pratique condamnée par Deliveroo qui envisage de développer, selon Damien Stéffan, représentant du groupe en France, « une technique de reconnaissance faciale pour déjouer les fraudes ».
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La Dépêche via fdesouche

D’abord, cette visite au sultan était-elle opportune ? Il s’agissait de renouer des relations après une période de tensions. Le mot “tensions” est le type même d’euphémisme qu’emploie le faible lorsqu’il ne veut pas affronter avec lucidité le comportement inacceptable du fort. La Turquie occupe illégalement un tiers du territoire d’un membre de l’Union, la République de Chypre. Cette situation devrait suffire pour que l’Union n’ait avec le pouvoir turc que des relations strictement nécessaires et distantes, mettant clairement fin à l’hypothèse d’une intégration de la Turquie à l’Europe. Celle-ci pratique le chantage à l’immigration, a annexé de fait une partie de la Syrie, est intervenue dans les opérations militaires qui se sont déroulées en Libye et contre les Arméniens, dont elle refuse de reconnaître le génocide de 1915. Elle exerce une pression intolérable sur la Grèce et sur Chypre, tente de s’emparer des ressources énergétiques qui se situent dans le domaine maritime de ces Etats. Enfin, elle entretient avec la population turque immigrée en Europe un rapport de domination qui constitue une ingérence intolérable. Le retrait de la Turquie de la Convention d’Istamboul sur la prévention de la violence contre les femmes et les enfants semble cependant le seul sujet d’inquiétude des âmes sensibles européennes. Ce n’est qu’un détail cohérent avec le reste. Comment est-il possible que les Européens soient d’une pareille lâcheté ? Il est incroyable que les rapports avec la Turquie soient meilleurs qu’avec la Russie qui subit des sanctions injustifiées de la part des Européens. Tout le monde en connaît la raison : Washington a choisi son adversaire qui est toujours Moscou, alors que la Turquie est membre de l’Otan.
Dans une décision qui restera dans l’histoire, la Cour européenne des droits de l’homme a statué que les vaccinations obligatoires peuvent être considérées comme nécessaires dans les sociétés démocratiques.
