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  • La directrice du FMI mise en cause pour avoir falsifié un rapport en faveur de la Chine

    Publié par Guy Jovelin le 19 septembre 2021

    Kristalina Georgieva est accusée d’avoir fait pression pour modifier, en faveur de la Chine, les données d’un rapport passant au crible les conditions d’affaires dans les différents pays, alors qu’elle était en poste à la Banque Mondiale. La directrice du FMI a réfuté ces accusations.

    Une enquête du cabinet d’avocats WilmerHale a mis en lumière des irrégularités, dans la rédaction des éditions 2018 et 2020 du rapport « Doing Business » de la Banque Mondiale, qui passe au crible les conditions d’affaires dans les différents pays.

    Lors du classement de 2017, la Chine s’était montrée mécontente de sa 78e place. Fin octobre 2017, peu avant la publication de l’édition 2018, la Banque Mondiale était engagée dans des négociations sensibles avec Pékin.

    De hauts responsables chinois auraient été consternés par le classement du pays. Kristalina Georgieva, qui était alors directrice générale de la Banque Mondiale, et Jim Yong Kim, qui en était président, auraient alors demandé à leurs équipes d’adapter la méthodologie, pour ménager la Chine, selon cette enquête.

    Kristalina Georgieva a réprimandé un haut responsable de la Banque mondiale pour « avoir mal géré les relations de la Banque avec la Chine et ne pas avoir apprécié l’importance du rapport Doing Business pour le pays », selon le rapport qui a analysé 80 000 documents et interrogé plusieurs dizaines d’employés actuels et anciens.

    Pression

    Sous la pression, ses équipes auraient alors modifié certaines données, et permis à la Chine de conserver sa 78e place, au lieu de dégringoler de sept places. Kristalina Georgieva a ensuite remercié ce responsable d’avoir « fait sa part pour le multilatéralisme », et aidé à « résoudre le problème », rapporte l’enquête.

    (…) Ouest-France via fdesouche

  • L’écologie n’est pas l’apanage de la gauche, par Max-Erwann Gastineau.

    Publié par Guy Jovelin le 19 septembre 2021

    Dans cet entretien, l’essayiste Max-Erwann Gastineau explique que l’écologie peut être de droite. 

    3.jpgDémontrant les contradictions de l’écologie punitive et prenant l’exemple de l’éolienne, il dénonce la déconnection du réel des écologistes jusqu’au-boutistes ne se souciant pas des conséquences de leurs actes…

     

    Vous êtes essayiste, chroniqueur et vous contribuez notamment pour Marianne et pour Le Figaro. On vous a vu aussi dans la revue Front populaire. La campagne présidentielle se précisant, on a vu les écologistes en train de désigner le ou la candidate qui les représentera à l’élection présidentielle. On a notamment vu émerger le phénomène, Sandrine Rousseau. C’est un pur concentré de wokisme, d’écologie punitive, l’écologie dans tout ce qu’elle a de plus gauchiste.

    Quel regard portez-vous sur la candidate Sandrine Rousseau ?

     

    Je crois que vous avez déjà donné des éléments de réponse. Ce que je trouve intéressant chez Sandrine Rousseau et plus globalement chez les écologistes d’Europe Écologie Les Verts c’est qu’ils ont un point de vue cohérent, une vision philosophique du monde que nous aimons par moment railler, mais qui est un construit assez intéressant à décortiquer.

    Si les écologistes d’Europe Écologie Les Verts sont aujourd’hui dominants à gauche, c’est parce qu’ils arrivent à cocher toutes les cases qui façonnent la gauche contemporaine. Je vais essayer de définir ces trois cases assez rapidement.

    La première case définit la gauche contemporaine, c’est au fond le constructivisme. L’idée selon laquelle la société ne serait que rapport de force entre groupes sociaux et ne serait qu’un construit, l’histoire et les pesanteurs culturelles ne jouant pas. Il s’agirait simplement de déconstruire les rapports de forces présents et de faire en sorte que les minorités remplacent les dominants, pour qu’une nouvelle société soit construite. Ce constructivisme détermine depuis longtemps la gauche. Il est même le successeur de ce que Leszek Kolakowski, un grand penseur polonais appelait l’esprit révolutionnaire qui ne s’affirme en politique que sous le paradigme de la rupture entre le passé et le présent et un avenir forcément radieux qu’il s’agit simplement de construire.

    Le constructivisme est donc cette première famille de pensée que l’on retrouve chez les écologistes et qui détermine cette seconde tendance qui est le wokisme. Le wokisme vient du mot woke et désigne les personnes éveillées aux injustices envers les minorités qui seraient donc opprimées par une majorité, un homme blanc que Sandrine Rousseau désigne  en creux dans ses discours. Elle dit qu’au fond, l’humanité a été la victime de trois prédations majeures. Prédation à l’encontre du corps des noirs à travers l’esclavage qui a préfiguré le capitalisme. Prédation à l’encontre des corps de femmes qui désignerait ce machisme hétéro normé, qui depuis des siècles opprimerait les femmes.

    Et une troisième prédation à l’encontre de la nature. Ainsi coche-t-elle les cases de l’Écologie, la case féministe et la case néo anti raciste.

    Il y a une troisième famille de pensée que je perçois dans les discours de Sandrine Rousseau et des écologistes et notamment de ceux qui ont emporté les dernières municipalités dans les grandes villes qui est une sorte de libéralisme culturel. Les bases doctrinales du libéralisme sont nées suite aux guerres de religion qui ont ensanglanté l’Europe au 16e siècle. Les bases théoriques de ce libéralisme consistent à construire une société au sein de laquelle, le politique ne chercherait pas à défendre un point culturel, moral ou religieux supérieur. L’État doit se dégager du terrain culturel et s’assurer simplement de la coexistence pacifique des différences entre les individus.

    Le problème de cette théorie, c’est que dans les faits si l’État peut être neutre d’un point de vue philosophique, moral ou culturel, la société ne l’est pas. Une société, un peuple c’est une histoire et des traditions. Il s’agit dans un certain discours libéral de neutraliser culturellement la société et de faire en sorte que la société ne se détermine plus d’un point de vue culturel, mais soit simplement une entité juridique sur laquelle des individus sont titulaires de droits.

    Dans le discours sur l’immigration, on voit bien que l’Écologie politique s’inscrit dans ce paradigme culturel. Elle ne veut pas voir les individus comme étant les héritiers d’une histoire et d’une culture. Elle ne veut voir que des individus et des droits consacrés par un état droit.

     

     

    L’été dernier, vous aviez publié dans Le Figaro une tribune « Et si l’Écologie était de droite ».

    Y aurait-il une autre écologie qui ne soit pas justement teintée de constructivisme, de wokisme ou autre ?

     

    J’avais en effet publié une tribune pour essayer de réfléchir à quoi pourrait ressembler une Écologie de droite ou qui ne soit pas en tout cas préemptée par la gauche.

    Intéressons-nous factuellement à l’Écologie. Politiquement, elle nait en France que dans les années 70. Georges Pompidou crée le premier ministère de l’Environnement. Certes, dans la société la thématique écologiste environnementale commence à émerger, mais on ne peut pas dire que pour des raisons électorales, Pompidou avait intérêt à se saisir de l’enjeu environnemental. Il y a eu une prise de conscience qui est le produit d’un ancrage culturel. Pompidou est un fin lettré, un connaisseur de l’Histoire de France. Il a étudié le grec et le latin. Cet homme avait un regard sur l’homme et sur l’évolution du monde. Il voyait bien que la modernisation de l’économie et de la France dans les années 60 avait opéré un certain nombre de transformations qui risquaient de bouleverser nos modes de vie et un certain nombre d’équilibres, notamment dans une France encore très rurale. Il crée donc dans les années 70 ce ministère de l’environnement, une sorte de contre poids à travers une lettre adressée aux arbres sur le bord de la route. Je recommande d’ailleurs de lire cette très belle lettre. Il dit qu’il nous faut développer le pays, construire des routes, mais il faut faire attention que ces routes ne défigurent pas notre beau pays et que nous devons  continuer d’observer les paysages comme les marcheurs jadis observaient nos paysages.

    Ce premier acte nait à droite avec un regard sur les paysages et la nature et sur cet équilibre qu’il convient de trouver entre cette beauté du monde dont nous avons hérité et l’impératif de développement économique.

    Valéry Giscard d’Estaing poursuit l’œuvre de son prédécesseur et va avoir un bilan écologique tout à fait important. Plusieurs lois vont être votées. Pompidou avait fait une loi qui permettait de défendre nos forêts en 1973. Valéry Giscard d’Estaing va adopter plusieurs lois sur le statut notamment des animaux. Nous ne sommes pas encore sur la cause animale d’aujourd’hui, mais il y a déjà un souci pour le bien être animal qui émerge. Et plus fondamentalement, une loi qui m’a beaucoup intéressée, la loi qui sur le littoral vise à fixer des limites au développement économique. Un journaliste lui demande «  vous mettez en place une politique écologique, or l’écologie est à gauche ». Valéry Giscard d’Estaing a une phrase absolument fondamentale, à partir de laquelle nous pourrions décider toute une doctrine conservatrice sur l’Écologie. Il dit «  l’Écologie c’est d’avoir peur pour ce qui existe et c’est cela être de droite ». Ce n’est pas avoir peur du monde et donc se replier dans sa grotte parce qu’il faudrait se protéger des évolutions. Cela veut dire que des choses existent. Des choses nous ont été transmises et ces choses sont vulnérables. Elles peuvent disparaître. Elles peuvent être des paysages, une culture, un art de vivre ou une langue. Au fond ce qui est précieux est périssable. Par conséquent, nous devons en prendre soin.

    Dans les années 70 vous avez ce grand livre de Anxionnaz, Le principe responsabilité, qui appelle à sortir du paradigme du progrès, de l’idée, que pour avancer il faudrait transformer l’existant et qui invite les hommes à fixer un certain nombre de limites. Il faut des entraves librement consenties pour protéger la beauté du monde et ce que nous avons reçu en héritage.

    Je crois que le conservatisme se définit en écho à cette sensibilité que nous avons reçu de nos aïeux, que nous n’avons pas construit et que nous faisons que recevoir. Nous en avons une certaine responsabilité pour ensuite le transmettre à nos descendants.

     

     

    Que la transmission soit de la nature ou intellectuelle, elle est de droite.

     

    Je crois qu’à partir de cette idée de la transmission, de l’attachement que nous avons reçu en héritage, nous pouvons fonder une doctrine conservatrice qui englobe l’Écologie. L’Écologie est quelque part de droite, puisqu’elle est avant tout un regard critique d’un certain modernisme qui voit la nature comme une sorte de stock inépuisable de ressources que nous pourrions reprogrammer à l’infini y compris l’homme, à travers notamment tous ces procédés techniques qui demain vont amener l’utérus artificiel et qui feront que nous n’aurons plus besoin de nous associer pour perpétuer l’humanité. Nous pourrons simplement déléguer cette tâche à des machines. Nous devons veiller à notre humanité. Cette humanité ne saurait faire fi de certains équilibres naturels qui nous donnent un certain nombre de ressources pour nous alimenter ou nous vêtir et également un certain art de vivre. C’est à travers cet art de vivre et à travers un certain nombre de référents culturels que nous construisons une société, que nous vivons dans une société politique et que nous pouvons débattre de ce qu’il conviendrait de faire pour améliorer l’existant et préparer notre société à construire son avenir.

    Au nom de ces limites-là, nous avons fermé des centrales nucléaires, nous avons réouvert des centrales à charbon pour un coût écologique désastreux. Nous sommes en train de polluer tout le littoral et la campagne française d’éoliennes et l’efficacité est au bilan écologique plus que douteux. Les écologistes demandent à remplacer les voitures diesel par des voitures électriques.

    Ce qui nous arrive aujourd’hui, est-ce des limites mal comprises, de l’idéologie pure ou un déni de la réalité ?

     

    Au  nom du fait qu’il faudrait en effet changer de modèle, puisque notre modèle économique est assis sur des énergies fossiles qui ont un coût pour la planète, nous parions sur l’éolien et le solaire, technologies qui seraient parées de toutes les vertus. En diminuant la part du nucléaire pour faire monter en substitue les énergies éoliennes et solaires, nous utilisons une énergie pilotable par des énergies intermittentes qui dépendent de la météo. Si vous n’avez pas de vent, les éoliennes ne fonctionnent pas et par conséquent ne fournissent pas l’énergie nécessaire. En hiver, de fait, le solaire et l’éolien en fonction du vent ne produisent pas suffisamment d’énergie et génèrent des risques de coupures et même au-delà. Pour éviter ces coupures, la France a dû importer de l’électricité produite en Allemagne à partir de charbon. Vous avez un coût financier important pour développer des éoliennes et des panneaux solaires. Vous avez un coût industriel puisqu’il faut importer des matériaux qui ne sont pas construits en France et en plus génèrent des pollutions à l’étranger, puisqu’il faut extraire des terres rares pour produire notamment les panneaux solaires . Et vous avez un coût en termes d’indépendance énergétique.

    L’éolien est l’expression de ce que l’on disait en début d’intervention. Une certaine déconnexion volontaire des écologistes à l’endroit du réel. Ils défendent des convictions avec une cohérence idéologique. Le souci des conséquences de leur idéologie les intéresse assez peu. Si on est vraiment écologiste, la sagesse nous impose aujourd’hui de défendre le nucléaire d’autant plus que l’avenir du nucléaire pourrait se passer de déchets si on en croit les dernières évolutions technologiques qui viennent de Chine, mais sur lesquelles la France avait un certain degré d’avance avant qu’elles ne fassent demi-tour, notamment sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Nous allons en revenir et retrouver la voix de la sagesse.

    Cependant, il est absolument essentiel aujourd’hui de tourner le dos à ces dernières années qui ont fait croire aux Français qu’on allait pouvoir sans arrêt diminuer le nucléaire pour le remplacer par l’éolien. Nous pouvons continuer dans cette voie, mais il faudra expliquer à nos industriels et aux ménages que l’hiver risque d’être un peu plus froid que d’habitude.

     

    Max-Erwann Gastineau

    Essayiste et chroniqueur politique

     

  • Un système politique moribond au bord de l'implosion, par Yves Morel.

    Publié par Guy Jovelin le 19 septembre 2021

    L’abstention massive aux élections successives est le signe manifeste d'un rejet populaire du système politique français. Tous les partis sont touchés, et même le régime des partis, car tous ont prouvé et leur mépris et leur impuissance.

    Taux d’abstention au second tour des dernières élections départementales et régionales : 65,7 %. (rappelons que, lors du second tour de la présidentielle de 2017, il s’élevait déjà à 25,3 %). Les Français boudent les urnes et les partis politiques, et ils ne croient plus aux institutions non plus qu’en la capacité des responsables politiques à remédier à leurs difficultés. Et ils ont remisé au grenier les idéologies et les projets de société. Ce n’est pas là la manifestation d’une révolte, ni même un refus hargneux, mais, pire encore, une désaffection, et encore bien pire, un désintérêt total.

    On ne peut pas parler de rejet : le rejet est toujours précédé et/ou accompagné de propos publics (oraux ou écrits) malveillants et agressifs, ou de défilés dans les rues, et se traduit, au plan électoral, par un vote marqué en faveur des partis protestataires. Rien de tel ne s’est produit à l’approche des dernières élections, ni pendant leur déroulement. Les Français n’ont pas manifesté de colère particulière à l’égard du président de la République ou du gouvernement ; et ce d’autant plus que la crise sanitaire a suspendu depuis plus d’un an le cours habituel de notre vie politique, suspension favorisée d’ailleurs par la mise sous le boisseau, de la part de l’exécutif, des sujets propres à susciter le mécontentement, tels la réforme des retraites. On peut alors se demander si cette mise entre parenthèses de la vie politique, en forme de léthargie, n’a pas joué un rôle dans la démobilisation des électeurs, lors du dernier scrutin. C’est possible, mais il semble douteux que ce rôle ait été déterminant. Assurément, la cause du mal n’est pas d’ordre simplement conjoncturel ; elle traduit une grave crise de notre système politique.

    La profondeur du mal. Le rejet silencieux du système

    Certes, la crise en question est silencieuse. Mais ce silence assourdissant révèle sa profondeur. On ne conteste pas le système ou le pouvoir, on l’ignore, on le supporte passivement ; non parce qu’on juge son action nécessaire et incontournable, mais parce qu’on est intimement persuadé, au plus profond de l’être, que toute contestation est inutile, même si on pense que la politique suivie est mauvaise ou, tout au moins, critiquable. Parce qu’on pense que d’autres ne pourraient ni ne voudraient faire mieux ou autrement. Et parce qu’on pense aussi, confusément, que le système est absurde, et que ce ne sont pas le vote et la succession démocratique des présidents et des majorités parlementaires qui peuvent accoucher d’un pouvoir efficace, capable de changer les choses. En principe, on utilise le système pour essayer de changer les choses. Ou, on conteste le système en votant pour des partis qui, sans vouloir explicitement le détruire, le remettent en question en critiquant l’usage pernicieux qu’en font les représentants des autres formations et de la classe politique en général : ceux-ci sont perçus comme formant une nomenklatura coupée des préoccupations du peuple et unie par des privilèges communs et des pratiques communes, cette communauté de pratiques s’expliquant par le refus de bouleverser un ordre existant en entreprenant des réformes sérieuses en faveur des Français de base. Or, la présente abstention révèle que dans l’esprit des électeurs, les partis protestataires sont désormais inclus de plain pied dans cette nomenklatura, et qu’ils sont considérés comme des partis comme les autres, dirigés par des politiciens comme les autres, et qui, de toute façon, n’ont pas la possibilité – faute de compétence et/ou de moyens – de changer quoi que ce soit. Les électeurs estiment que ce n’est plus la peine de voter, ni même de protester ouvertement, et ils s’abstiennent de voter comme de manifester ou de dénigrer verbalement.

    Un mécontentement et un sentiment de révolte privés d’exutoire

    Il serait cependant spécieux de prendre cette abstention totale pour une forme de résignation. Les gens en ont assez, souffrent matériellement et moralement (ils sont « moroses », aiment à dire nos journalistes de radio et de télévision), ils sont intimement et sourdement révoltés, mais ils ne se sentent plus les moyens de le faire savoir, et n’ont donc plus d’exutoire à leur mécontentement. Et cela est pire que tout, cela peut devenir une cocotte minute sur le point d’exploser. Car on ne peut imaginer la durée indéfinie d’une situation caractérisée par la coexistence sourdement tendue d’un peuple exténué, impuissant à exprimer ce qu’il ressent et qui lui fait mal, et d’un système politique qui subsiste sans lui. On ne peut savoir ce qui en résultera. Toutes les hypothèses sont envisageables. On peut imaginer une explosion sociale et politique, bien que cette éventualité paraisse peu probable dans la conjoncture actuelle. Une implosion semble plus plausible. Les Français, déprimés, prostrés, abattus, sans ressort, toute velléité de rébellion (mais non de sentiment d’indignation) éteinte, se laisseraient aller au marasme, à un désespoir muet, à une passivité apparente dissimulant une révolte impuissante à s’exprimer, et s’enfonçant dans la déchéance morale (et aussi matérielle), bref dans une espèce de trou noir qui finirait par emporter toute notre société. D’autres scénarios peuvent se présenter à l’esprit, non dénués de vraisemblance.

    Le discrédit général des partis

    Ce qui est certain, en tout cas, c’est que nous vivons la fin d’un système. Nos compatriotes se désintéressent totalement de la vie politique, des partis qui l’animent, des hommes et des femmes qui l’incarnent, qu’ils représentent le « système » ou qu’ils s’inscrivent contre lui. Les Républicains et les socialistes peuvent bien se targuer de leurs succès aux dernières élections, ils ne représentent chacun qu’une faible portion des 34,3 % des électeurs qui ont accompli leur devoir civique les 20 et 27 juin dernier. Ni les uns ni les autres ne suscitent l’engouement des Français. Tout au plus ont-ils arrêté momentanément la dégringolade que leur avaient value la présidentielle et les législatives de 2017. Les socialistes, en particulier, ne redeviendront jamais le grand parti qu’ils étaient avant cette date. La France insoumise confirme son incapacité à entraîner le peuple mécontent à sa suite, et pâtit de l’extravagance tonitruante et souvent choquante et grotesque de son chef vieillissant. Le parti communiste tend à l’inexistence, tout comme l’extrême gauche trotskyste. Le Rassemblement national, comme La France insoumise, n’engrange aucun fruit du mécontentement populaire. Il connaît désormais les inconvénients de sa stratégie de dédiabolisation. Devenu un parti à peu près comme les autres aux yeux du grand public (non, certes, à ceux de l’intelligentsia et de la classe politique), il se voit boudé par les électeurs comme les autres. Nombre de ceux qui auraient voté pour lui du temps où il était le Front national de Jean-Marie Le Pen, le délaissent, d’autant plus qu’ils ne le créditent d’aucune capacité à gouverner le pays. Seuls les écologistes tirent avantageusement leur épingle de ce jeu électoral dérisoire en raison à la fois de la brûlante actualité des questions environnementales et du discrédit frappant leurs concurrents.

    Un sentiment général d’impuissance et de vanité

    Le cœur du problème siège en ceci que les Français se sentent désormais étrangers au système politique qui commande le fonctionnement de leurs institutions. Mécontents dans leur très grande majorité, aux prises avec mille difficultés matérielles, déprimés, désillusionnés, revenus de tout et de tous, ils ne se hérissent pas contre l’imposture du système, comme ils ont pu le faire à certains moments de crise de leur longue histoire. Ils sont persuadés de son incurie et de celle de nos dirigeants, croient vaine toute tentative de changement, ont oublié depuis longtemps toutes les grandes idées de droite et de gauche qui transportaient leurs ancêtres, et n’écoutent plus les « ténors » de la politique et ne lisent plus leurs professions de foi (lorsque celles-ci leur parviennent). Ils subissent les décisions des maîtres du moment avec, au cœur et à l’âme, un sentiment d’impuissance et de vanité de toute opposition (à quoi bon protester, songent-ils), les voient se succéder avec indifférence, et ne se dérangent donc plus pour glisser quelque bulletin dans une urne (ils se sentent d’ailleurs incapables de choisir) lorsqu’ils y pensent (lors du dernier scrutin, on a vu des gens oublier que les dimanches 20 puis 27, étaient des journées électorales !) Un tel climat incite à penser à bon droit que les Français, dont on rebat sans cesse les oreilles avec les « valeurs de la République » et la démocratie, ne sont plus ni républicains ni démocrates, même s’ils n’aspirent pas à l’instauration de quelque autre régime.

    Un système moribond

    En vérité, il semble loisible de croire que notre régime est aujourd’hui proprement épuisé, sénile, moribond. Il n’a plus rien à proposer aux Français, et est à bout de ressources morales et intellectuelles propres à le légitimer. Il ne survit que par sa seule présence, sa masse inerte (un poids mort), et parce que personne ne lui conçoit une alternative.

    Oui, décidément, la question de la nature du régime se pose, en France, et depuis déjà beaucoup plus longtemps que les effets de la crise sanitaire actuelle. Nos compatriotes n’imaginent pas un régime de substitution à celui qui nous régit présentement. Mais ils ne croient plus, n’adhèrent plus du tout, fût-ce passivement, à ce dernier, qu’ils supportent tout en le dédaignant, au point de s’abstenir de voter. Une telle situation ne pourra durer sans provoquer une crise majeure, de nature inédite, dans notre pays. Le régime actuel ne peut plus rien donner, pas même des illusions et ne pourra tenir longtemps le pays. Son remplacement s’impose.

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    Source : https://www.politiquemagazine.fr/

  • La France ne vend pas des armes à n’importe qui…

    Publié par Guy Jovelin le 19 septembre 2021

    L'annulation de la commande australienne de sous-marins dénoncée par Le Drian comme un coup de poignard dans le dos souligne la nullité de nos dirigeants. Le Drian était ministre de la défense de Hollande quand la France a dénoncé le contrat avec la Russie pour deux navires de guerre. Ce vieux politicien socialiste découvre que les Anglo-saxons selon leur habitude décident de leurs intérêts et se soucient comme d'une guigne des nôtres. Notre allégeance, notre suivisme stupides ne servent à rien !

    armes,franceLe pays des “droits de l’Homme” est aussi un des principaux exportateurs d’armements. Que la France participe au double langage pratiqué par presque tous les pays du monde, notamment les plus importants, en clamant sa foi dans les valeurs humanitaires tout en pratiquant une politique réaliste sur la scène internationale, n’a rien de scandaleux tant c’est le lot commun. Toutefois, il faudrait que chacun des deux côtés du jeu soit cohérent, or l’attachement aux valeurs est contredit systématiquement par nos alliances les plus ostentatoires comme  notre réalisme est démenti par des opérations risquées,  des échecs retentissants ou des renoncements politiques qui tournent au gâchis financier.

    La France occupe suivant les années de la 4e à la 6e place dans le marché mondial des exportations d’armes. Après avoir réduit ses exportations de 6,5 millions d’Euros en 2011 à 4,82 millions en 2012, notre pays a bénéficié d’une augmentation constante : 6,87 millions en 2013, 8 millions en 2014 er 15 millions cette année qui lui assurent la quatrième place, derrière les Etats-Unis, la Russie et le Royaume-Uni. Le décollage des ventes du “couteau suisse” de l’aviation militaire produit par Dassault, le “Rafale”, au Qatar, à l’Egypte et à l’Inde joue évidemment un rôle important dans cette envolée salutaire en termes d’emplois puisque l’industrie de l’armement emploie 165 000 personnes en France. Le renoncement du Brésil au profit d’un avion suédois et la limitation de la commande indienne à 36 appareils au lieu de 126 ont refroidi l’enthousiasme. La dénonciation par la France du contrat passé avec la Russie pour la livraison de deux “Mistral”, navires polyvalents de débarquement a suscité bien des critiques. Quelle est la logique et quelle est la solidité de la politique menée dans un domaine où se croisent des intérêts économiques et des choix politiques ?

    La France a choisi d’annuler un contrat  d’armement avec la Russie. Dans l’immédiat, cela aura un coût, correspondant au minimum au remboursement des 2/3 d’ 1,2 milliard d’Euros avancés par la Russie. S’y ajouteront les pénalités prévues par le contrat, le démontage et la restitution des équipements russes, le gardiennage et l’entretien des navires. D’autres clients éventuels de la France pourront s’inquiéter du manque de fiabilité de notre pays. La limitation à 36 Rafale de la commande indienne peut être en partie due à cette crainte. L’Inde est politiquement proche de la Russie et principalement équipée d’avions russes.

    Plus généralement, on doit mesurer les risques économiques et politiques des choix français. Sur le plan économique, la Russie est un payeur sûr. L’Egypte que nous privilégions, comme en témoigne la présence du Président Hollande aujourd’hui même pour l’inauguration du doublement du canal de Suez, l’est beaucoup moins. Les deux Chefs d’Etat salueront les trois premiers “Rafale” livrés à l’Egypte qui les survoleront. 50% de la facture des 24 Rafale seront assurés par l’Arabie saoudite qui tient le pays à bout de bras. L’autre moitié correspondra à un prêt garanti par la France. Certes, l’Egypte d’Al-Sissi fait la guerre aux djihadistes, et présente globalement une ligne politique qui mérite d’être soutenue, mais elle reste un pays économiquement faible dans lequel l’appoint essentiel du tourisme est en recul, et politiquement fragile dans lequel les islamistes n’ont peut-être pas dit leur dernier mot. Surtout, l’importance primordiale du Golfe pour notre commerce d’armement est triplement inquiétant. Le Moyen-Orient représente 40% de nos ventes, l’Arabie saoudite, à elle seule 28%. Certes, pour l’instant l’or noir et le gaz font de cette région un partenaire généreux, mais les risques politiques sont considérables. Peu de gens avaient prévu le renversement du Shah d’Iran…  En second lieu, les armes ne sont pas uniquement d’un usage décoratif lors des défilés militaires. Où et contre qui seront-elles utilisées ? Doit-on exclure leur détournement volontaire ou involontaire au profit des extrémistes, comme cela s’est produit à Mossoul, lors de la débandade d’une armée irakienne équipée de neuf par les Américains ? Enfin, il est difficile de se draper dans la déclaration des droits de l’homme tout en armant des pays qui ne s’en soucient guère. La France a signé et ratifié  le Traité sur le Commerce des Armes qui entend, à la demande des ONG, interdire la vente à des dictatures et à des tyrans qui en feraient un usage éventuellement génocidaire ou en tout cas répressif. L’intervention musclée de l’Arabie saoudite à Bahrein, émirat sunnite dont la population est majoritairement chiite, pour écraser la révolte et maintenir la minorité au pouvoir, n’appartient-elle pas à ce type d’action que la France devrait condamner ? De même l’Arabie saoudite aide les sunnites du Yémen contre la rébellion chiite houthie. Sans doute le fait-elle en partie avec des armes françaises, qu’elle emploie manifestement avec moins de conviction contre l’Etat islamique, en Syrie et en Irak.

    Le choix de la France n’est donc pas économiquement le plus sûr. De plus, il n’a aucun fondement moral. La Russie ne menace nullement l’Europe, et beaucoup moins la paix du monde que ne le font les rivalités entre l’Inde, le Pakistan et la Chine, ou la poussée salafiste à laquelle le Golfe n’est pas étranger. La Russie a vu s’effondrer en 1991 un Empire multiséculaire. Elle tente de laver son humiliation et de reconstituer une zone d’influence historique et culturelle. Cette entreprise qui n’est pas dénuée de légitimité a subi la double offensive des Etats-Unis et de ceux qui en Europe relaient la politique américaine. Une France soucieuse de son indépendance aurait dû sauvegarder son amitié avec la Russie et se garder de figurer comme l’auxiliaire le plus dévoué de la cause sunnite, prenant parfois la place des Américains dans ce rôle. Première à vouloir détruire le régime de Damas, dernière à admettre l’accord nucléaire avec l’allié iranien de celui-ci, annulant une livraison d’armements à la Russie, alliée des deux autres, quand elle arme le Qatar et l’Arabie saoudite, la France a bien une politique. On voudrait seulement que ce soit la sienne et non un complément dirigé de la politique de Washington.

    Source : https://www.christianvanneste.fr/

  • L’Europe à deux voies : avec ou sans passeport sanitaire

    Publié par Guy Jovelin le 19 septembre 2021

    Pays du Sud contre pays du Nord, pays de culture anglo-saxonne d’un côté, indépendants face à l’union Européenne, et pays soumis aux diktats des technocrates bruxellois, de l’hygiénisme dictatorial et des banquiers, avec des politiciens à la tête faibles de nature mais despotes dans l’âme.

    Le quotidien Inside Over décrit la situation de cette « Europe ‘’à deux voies‘’ » qui « n’existe pas que lorsque l’on parle de questions économiques ».

    « Comme le montre l’affaire Covid, explique l’analyste Giuliani, les pays européens ont également emprunté des voies différentes dans la gestion de l’urgence du coronavirus. Dans cette phase particulière de la lutte contre le Sars-CoV-2, maintenant que les gouvernements ont à leur disposition l’arme des vaccins et que les campagnes de vaccination ont presque atteint la moitié du chemin pratiquement partout, il existe deux approches contradictoires par rapport aux mesures restrictives à être mises en œuvre pour limiter les infections.

    « D’un côté il y a ceux qui, comme la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni, sont revenus à la normale, abolissant les mesures les plus strictes et faisant fi du Passe Vert ; d’autre part on retrouve le groupe de nations qui, au contraire, a décidé de s’appuyer sur la certification verte, à exhiber pour participer à la vie publique, fréquenter des « lieux sensibles » – comme les restaurants et bars – ou prendre part à des événements, tels que des expositions ou des événements sportifs.»

    « Pourquoi n’y a-t-il pas de continuité en Europe ? Pourquoi, malgré des données épidémiologiques souvent similaires et des taux de vaccination similaires, des pays presque voisins suivent des chemins différents ? » se demande le journaliste qui s’intéresse particulièrement au cas de la France, « le modèle le plus exigeant »

    « La France est « le père fondateur » des pays avec le Green Pass. Le gouvernement d’Emmanuel Macron est celui qui, en ce moment, a décidé d’introduire les règles les plus strictes concernant l’utilisation du certificat vert. A Paris et partout sur le territoire, ce document est obligatoire pour presque toutes les activités, même si l’obligation de porter un masque n’est plus en vigueur sur tout le territoire français.

    « Contrairement à d’autres États qui ont également imposés le Green Pass, en France le certificat est obligatoire pour accéder aux foires, festivals, spectacles, événements sportifs, hôpitaux, trains, avions, maisons de retraite, bars et restaurants, non seulement dans les espaces fermés mais aussi à l’extérieur. De plus, l’obligation de vaccination complète pour tout le personnel de santé est prévue ; celui qui refuse le vaccin peut être suspendu sans salaire.

    « Peu importe que de telles mesures aient déclenché des protestations plus ou moins violentes de citoyens (souvent enfermés dans une hypothétique ‘’minorité silencieuse‘’). Macron n’a pas changé d’avis, se contentant d’introduire les mesures progressivement. Du point de vue de la couverture vaccinale, 63 % de la population française est totalement immunisée, alors que 10% n’ont pris qu’une seule dose pour le moment.

    « Paris n’est pas le seul à avoir emprunté la voie du Green Pass. D’autres pays ont fait de même, dont l’Italie, mais aucun n’a pour l’instant atteint la même rigueur française. La Suisse, par exemple, a étendu l’obligation des certificats de 16 ans à compter du 13 septembre. Le document est nécessaire pour accéder aux lieux fermés, aux installations sportives mais aussi pour assister aux théâtres, cinémas, salles de jeux, piscines, musées, zoos, concerts, événements sportifs et mariages (hors locaux privés). Alors que les écoles professionnelles et les universités ont le pouvoir de décider de manière indépendante, un employeur peut exiger que les travailleurs réussissent afin de se protéger.

    « À partir du 1er octobre, le feu vert pour le passe sera donné également en Écosse, où le certificat sera requis pour la vie nocturne et la participation à des événements sportifs et autres spectacles. En Autriche, le Green Pass est obligatoire pour accéder aux musées, hôtels, restaurants et discothèques, tout comme en Lettonie, en Estonie, en Lituanie et au Portugal. Dans et autour de Lisbonne, il est aussi obligatoire pour accéder aux événements culturels et sportifs avec plus de 1000 participants en extérieur ou avec plus de 500 personnes en intérieur.

    « En Grèce, le Green Pass est nécessaire pour les activités et les clubs comme les bars et restaurants, mais aussi les théâtres, les musées et les trains longue distance. Au travail, vaccination obligatoire ou double prélèvement hebdomadaire, tant dans le secteur public que privé. La Croatie est plus douce, où le gouvernement a rendu le certificat obligatoire mais seulement dans certaines circonstances, comme la participation à des cérémonies de mariage avec plus de 30 personnes ou à des événements sportifs avec plus de 100 spectateurs. La situation est différente pour l’Allemagne. Berlin a donné son accord pour le laissez-passer vert, mais chaque Lander peut décider des obligations et des restrictions, y compris concernant le certificat vert. »

    L’espace en Europe où les libertés fondamentales sont encore un tant soit peu respectées se rétrécit comme peau de chagrin…

    Francesca de Villasmundo

     

    Source : medias-presse.info