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Le Parti de la France - Page 1091

  • Bonne fête de la Toussaint ! (et textes commentés de la messe)

    Publié par Guy Jovelin le 01 novembre 2021

    C’est, dans l’Eglise catholique, la fête de tous les saints connus et inconnus (ceux qui peuplent le Ciel, « l’Église triomphante »). Elle est célébrée le 1er novembre.

    « La solennité de tous les saints nous met devant les yeux la foule immense des rachetés, pour nous dévoiler l’avenir auquel nous sommes appelés. Elle doit aussi nous rendre conscients de notre solidarité avec ceux qui nous ont précédés victorieusement dans le monde invisible. Vivant près de Dieu, ils intercèdent pour nous ; ils sont des puissances dans nos vies. » (Liturgie des heures)
    Introït de la messe du jour :
    « Réjouissons-nous ensemble dans le Seigneur, car la fête que nous célébrons aujourd’hui est celle de tous les Saints. Cette solennité réjouit les Anges et tous en chœur louent le Fils de Dieu.
    Justes, exultez dans le Seigneur : aux cœurs droits convient sa louange. Alléluia. »
    Et collecte :
    « Dieu tout-puissant et éternel, qui nous avez accordé de célébrer dans une même solennité les mérites de tous vos Saints ; faites, nous vous en prions, que nos intercesseurs étant multipliés, une abondante effusion de vos miséricordes, objet de nos désirs, nous vienne de votre munificence. »

    Le 2 novembre, c’est « le jour des morts » : pensez à eux, priez pour eux, tâchez ces jours-ci de vous recueillir au cimetière sur les tombes de vos proches ou parents.

    Tableau d'Emile Friant

    Le choix de ces dates par l’Église fit coïncider ces célébrations avec l’antique fête celte de Samain (Samonios, en Gaule) qui se tenait le 1er novembre, marquant l’entrée dans la saison sombre et caractérisée par une « ouverture sur l’autre monde ».

    Attention, pour les catholiques, la Toussaint est une fête d’obligation (avec quatre autres, en France).

    TEXTES DE LA MESSE AVEC COMMENTAIRE DE DOM GUÉRANGER (dans l’Année liturgique – disponible ici avec ses autres livres) :

    Aux calendes de novembre, c’est le même empressement qu’à la Noël pour assister au Sacrifice en l’honneur des Saints, disent les anciens documents relatifs à ce jour. Si générale que fût la fête, et en raison même de son universalité, n’était-elle pas la joie spéciale de tous, l’honneur aussi des familles chrétiennes ? Saintement fières de ceux dont elles se transmettaient de générations en générations les vertus, la gloire au ciel de ces ancêtres ignorés du monde les ennoblissait à leurs yeux par-dessus toute illustration de la terre. […]

    Introït :
    Réjouissons-nous ensemble dans le Seigneur, car la fête que nous célébrons aujourd’hui est celle de tous les Saints. Cette solennité réjouit les Anges et tous en chœur louent le Fils de Dieu.
    Ps. 32, 1. Justes, exultez dans le Seigneur : aux coeurs droits convient sa louange. Alléluia.

    L’Antienne d’Introït rappelle aujourd’hui celle de l’Assomption de Notre-Dame. Cette fête est bien la suite, en effet, du triomphe de Marie : comme l’Ascension du Fils avait appelé l’Assomption de la Mère, toutes deux réclamaient pour complément l’universelle glorification des élus de cette race humaine qui donne au ciel sa Reine et son Roi. Joie donc sur la terre, qui continue si grandement de donner son fruit ! Joie parmi les Anges, qui voient se combler les vides de leurs chœurs ! Joie, dit le Verset, à tous les bienheureux, objet des chants de la terre et du ciel !

    Mais nous pécheurs, et toujours exilés, c’est avant tout de la miséricorde que nous devons prendre souci en toute circonstance, en toute fête. Ayons cependant bon espoir, aujourd’hui que tant d’intercesseurs la demandent pour nous. Si la prière d’un habitant du ciel est puissante, que n’obtiendra pas le ciel tout entier ?

    Collecte :
    Dieu tout-puissant et éternel, qui nous avez accordé de célébrer dans une même solennité les mérites de tous vos Saints ; faites, nous vous en prions, que nos intercesseurs étant multipliés, une abondante effusion de vos miséricordes, objet de nos désirs, nous vienne de votre munificence.

    ÉPÎTRE.
    Lecture du livre de l’Apocalypse de l’Apôtre saint Jean (Apoc. 7, 2-12.) :
    En ces jours-là : Voici que moi, Jean, je vis un autre Ange, qui montait du côté du soleil levant, ayant le sceau du Dieu vivant ; et il cria d’une voix forte aux quatre anges auxquels il avait été donné de nuire à la terre et à la mer ; et il dit : Ne nuisez point à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. Et j’entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau : cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des enfants d’Israël, étaient marqués du sceau. De la tribu de Juda, douze mille étaient marqués du sceau ; de la tribu de Ruben, douze mille ; de la tribu de Gad, douze mille ; de la tribu d’Azer, douze mille ; de la tribu de Nephthali, douze mille ; de la tribu de Manassé, douze mille ; de la tribu de Siméon, douze mille ; de la tribu de Lévi, douze mille ; de la tribu d’Issachar, douze mille ; de la tribu de Zabulon, douze mille ; de la tribu de Joseph, douze mille ; de la tribu de Benjamin, douze mille étaient marqués du sceau. Après cela, je vis une grande multitude, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue ; ils se tenaient devant le trône et en face de l’Agneau, vêtus de robes blanches, et ils avaient des palmes dans leurs mains. Et ils criaient d’une voix forte, et disaient : Le salut est à notre Dieu, qui est assis sur le trône, et à l’Agneau. Et tous les Anges se tenaient autour du trône, et des vieillards, et des quatre animaux ; et ils se prosternèrent devant le trône sur leurs visages, et adorèrent Dieu, en disant : Amen. Bénédiction, gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu dans tous les siècles des siècles. Amen.

    Une première fois, aux jours de son premier avènement, l’Homme-Dieu, se servant pour cela de César Auguste, avait dénombré la terre [57] : il convenait qu’au début de la rédemption, fût relevé officiellement l’état du monde. Et maintenant, l’heure a sonné d’un autre recensement, qui doit consigner au livre de vie le résultat des opérations du salut. « Pourquoi ce dénombrement du monde au moment de la naissance du Seigneur, dit saint Grégoire en l’une des Homélies de Noël, si ce n’est pour nous faire comprendre que dans la chair apparaissait Celui qui devait enregistrer les élus dans l’éternité [58] ? » Mais plusieurs s’étant soustraits par leur faute au bénéfice du premier recensement, qui comprenait tous les hommes dans le rachat du Dieu Sauveur, il en fallait un deuxième et définitif, qui retranchât de l’universalité du précédent les coupables. Qu’ils soient rayés du livre des vivants ; leur place n’est point avec les justes [59] : c’est la parole du Prophète-roi que rappelle au même lieu le saint Pape.

    Toute à l’allégresse cependant, l’Église en ce jour ne considère que les élus ; comme c’est d’eux seuls qu’il est question dans le relevé solennel où nous venons de voir aboutir les annales de l’humanité. Eux seuls, par le fait, comptent devant Dieu ; les réprouvés ne sont que le déchet d’un monde où seule la sainteté répond aux avances du Créateur, aux mises de l’amour infini. Sachons prêter nos âmes à la frappe divine qui doit les conformer à l’effigie du Fils unique [60], et nous marquer pour le trésor de Dieu. Quiconque se dérobe à l’empreinte sacrée, n’évitera point celle de la bête [61] ; au jour où les Anges arrêteront le règlement de compte éternel, toute pièce non susceptible d’être portée à l’actif divin ira d’elle-même à la fournaise, où brûleront sans fin les scories [62].

    Graduel (Ps. 33, 10 et 11.) :
    Craignez le Seigneur, vous tous ses saints, car ceux qui le craignent ne manquent de rien.
    V/. Et ceux qui cherchent le Seigneur ne seront privés d’aucun bien.
    Allelúia, allelúia. V/. Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. Alléluia.

    Vivons donc dans la crainte recommandée au Graduel : non celle de l’esclave, qui n’appréhende que le châtiment ; mais la crainte filiale qui redoute par-dessus tout de déplaire à Celui de qui nous viennent tous les biens, dont la bonté mérite tout amour. Sans rien perdre de leur béatitude, sans diminuer leur amour, les Puissances angéliques [63] et tous les bienheureux se prosternent au ciel en un saint tremblement, sous le regard de l’auguste et trois fois redoutable Majesté.

    ÉVANGILE.
    Lecture du Saint Evangile selon saint Mathieu (5, 1-12) :
    Si proche du ciel est aujourd’hui la terre, qu’une même pensée de félicité emplit les cœurs. L’Ami, l’Époux, le divin Frère des fils d’Adam revient lui-même s’asseoir au milieu d’eux et parler de bonheur. Venez à moi, vous tous qui peinez et souffrez, chantait tout à l’heure le Verset de l’Alléluia, cet écho fortuné de la patrie, qui pourtant nous rappelait notre exil. Et aussitôt, en l’Évangile, est apparue la grâce et la bénignité de notre Dieu Sauveur. Écoutons-le nous enseigner les voies de la bienheureuse espérance, les délices saintes, à la fois garantie, avant-goût, du bonheur absolu des cieux.

    Au Sinaï, Jéhovah, tenant le Juif à distance, n’avait pour lui que préceptes et menaces de mort. Au sommet de cette autre montagne où s’est assis le Fils de Dieu, combien différemment se promulgue la loi d’amour ! Les huit Béatitudes ont pris en tête du Testament nouveau la place qu’occupait, comme préface de l’ancien, le Décalogue gravé sur la pierre.

    Non qu’elles suppriment les commandements ; mais leur justice surabondante va plus loin que toutes prescriptions. C’est de son Cœur que Jésus les produit, pour les imprimer, mieux que sur le roc, au cœur de son peuple. Elles sont tout le portrait du Fils de l’homme, le résumé de sa vie rédemptrice. Regardez donc, et agissez selon le modèle qui se révèle à vous sur la montagne.

    La pauvreté fut bien le premier trait du Dieu de Bethléhem ; et qui donc apparut plus doux que l’enfant de Marie ? qui pleura pour plus nobles causes, dans la crèche où déjà il expiait nos crimes apaisait son Père ? Les affamés de justice, les miséricordieux, les purs de cœur, les pacifiques : où trouveront-ils qu’en lui l’incomparable exemplaire, jamais atteint, imitable toujours ? Jusqu’à cette mort, qui fait de lui l’auguste coryphée des persécutés pour la justice ! suprême béatitude d’ici-bas, en laquelle plus qu’en toutes se complaît la Sagesse incarnée, y revenant, la détaillant, pour finir avec elle aujourd’hui comme en un chant d’extase !

    L’Eglise n’eut point d’autre idéal ; à la suite de l’Époux, son histoire aux divers âges ne fut que l’écho prolongé des Béatitudes. Comprenons, nous aussi ; pour la félicité de notre vie sur terre, en attendant l’éternel bonheur, suivons le Seigneur et l’Église.

    Les Béatitudes évangéliques élèvent l’homme au-dessus des tourments, au-dessus même de la mort, qui n’ébranle pas la paix des justes, mais la consomme. C’est ce que chante l’Offertoire, dans ces lignes empruntées au livre de la Sagesse.

    Offertoire (Sap. 3, 1, 2 et 3.) :
    Les âmes des Justes sont dans la main de Dieu, et le tourment de la mort ne les touchera pas ; aux yeux des insensés, ils ont paru mourir, cependant ils sont en paix, alléluia.

    Comme l’exprime la Secrète, le Sacrifice auquel il nous est donné de prendre part glorifie Dieu, honore les Saints, et nous concilie la bonté suprême.

    Secrète :
    Nous vous offrons Seigneur, ces dons de notre piété ; faites que vous étant présentés en l’honneur de tous vos Justes, ils vous soient agréables et qu’ils nous soient rendus salutaires grâce à votre miséricorde.

    Écho de la lecture évangélique, l’Antienne de Communion, ne pouvant énumérer à nouveau la série entière des Béatitudes, rappelle les trois dernières, et, ce faisant, les rapproche toutes avec raison du Sacrement divin où elles s’alimentent.

    L’Église demande, en la Postcommunion, que cette fête de tous les Saints ait comme résultat de porter ses fils à les honorer toujours, pour toujours aussi bénéficier de leur crédit près de Dieu. »

  • Lyon : des commerçants de la Croix-Rousse menacent de monter un groupe d’autodéfense contre les incivilités causées par les livreurs à scooter

    Publié par Guy Jovelin le 31 octobre 2021

    Lyon : des commerçants de la Croix-Rousse "prêts à se défendre pour ne pas devenir le nouveau Guillotière"

    Après les quartiers de la Presqu’île, la Guillotière ou encore du 1er arrondissement de Lyon, c’est cette fois à la Croix-Rousse que s’élèvent des voix de commerçants pour dénoncer l’insécurité.

    Plusieurs gérants de commerces se sont réunis ce vendredi matin rue du Mail, en plein cœur du 4e arrondissement, pour mettre le doigt sur un problème bien précis : les livraisons à scooter qui se sont multipliées dans le secteur.

    Le tenancier d’un bistrot évoque, “depuis début juin, des aires de stationnement pleines à craquer de 11h30 à 15h puis de 18h à 2h. Le tout accompagné par le comportement inacceptable des livreurs qui s’assoient sur les voitures, jettent leurs déchets à même le sol, dégradent nos vitrines ou encore urinent partout”.

    Pire pour le boucher du coin, “les remontées de rues en sens interdit, la circulation sur les trottoirs, et les trafics de drogue liés à cette activité. Un jour il y aura un grave accident, un gamin va se faire renverser”.

    Et quand les commerçants font des remarques aux jeunes livreurs, un rapport de force est tout de suite engagé. “Mercredi, j’ai demandé à ce que les scooters ne soient pas posés contre une voiture, pour éviter de la rayer, on m’a répondu ‘nique ta mère, on va brûler ton magasin'”, explique toujours l’un des gérants les plus touchés par le phénomène.

    Certains font désormais état d’un chiffre d’affaires en baisse et menacent de “régler les problèmes par eux-même en créant un groupe d’autodéfense pour ne pas devenir le nouveau Guillotière”. Désormais “prêt à se défendre”, le collectif en colère demande l’aide de la mairie et des autorités. En plus d’une présence accrue de policiers sur le terrain, ils espèrent l’installation de caméras de vidéosurveillance. (…)

    www.lyonmag.com via fdesouche

  • L’Autriche et la Nouvelle-Zélande jettent les bases d’une « société à deux classes »

    Publié par Guy Jovelin le 31 octobre 2021

    PAR  LE 

    L’Autriche et la Nouvelle-Zélande jettent les bases d’une « société à deux classes »

    Après l’annonce par l’Autriche, le week-end dernier, de mesures plus sévères à l’égard des personnes non vaccinées, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern admet désormais que la politique Covid créera une société à deux vitesses dans son pays, où les citoyens non vaccinés auront des droits différents de ceux qui ont été vaccinés.

    Lors d’une interview vidéo, la Première ministre a déclaré que les règles actuelles donnent plus de libertés aux citoyens vaccinés. Interrogée par un journaliste, Mme Ardern a confirmé que les personnes vaccinées ont plus de droits que celles qui ne le sont pas. Elle a déclaré que les nouvelles règles étaient destinées à renforcer la couverture vaccinale et la confiance du public.

     

    En Nouvelle-Zélande, pour contenir la pandémie, un « système de feux de circulation » est en cours d’introduction. Lorsque le feu est rouge, les personnes qui ont été vaccinées pourront se déplacer librement et utiliser les services. Les personnes non vaccinées, en revanche, devront faire face à des restrictions beaucoup plus strictes. Ils ne pourront se réunir qu’en groupes de dix personnes au maximum et ne pourront pas se rendre dans des lieux où il y a des « contacts étroits ». Les restaurants, les bars et les salles de sport, par exemple.

     

    La cheffe de l’opposition Judith Collins a condamné le plan comme étant « stupéfiant, confus et compliqué ». Elle a déclaré que les habitants d’Auckland finiraient par être « pris en otage par des personnes qui ne veulent pas se faire vacciner ».

    Mme Ardern a reçu de nombreux éloges pour sa réponse à la pandémie : la Nouvelle-Zélande a enregistré un nombre relativement faible de 28 décès et 5 638 cas de maladie. Pourtant, elle a dû admettre que le fait de maintenir le pays dans un état de verrouillage complet pendant des mois s’est avéré insoutenable.

    Mme Ardern a également annoncé vendredi que 90 % des Néo-Zélandais de chaque région devaient être entièrement vaccinés avant que le pays tout entier puisse commencer à assouplir les restrictions. Pour l’instant, seuls 58 % de la population sont entièrement vaccinés.

    Autriche : mesures de confinement pour les personnes non vaccinées

    Le gouvernement autrichien a également annoncé vendredi de nouvelles mesures Covid visant spécifiquement les personnes non vaccinées. « Nous sommes au bord d’une pandémie de coronavirus parmi les personnes non vaccinées et il faut l’empêcher », a déclaré le nouveau chancelier Alexander Schallenberg.

    Le plan prévoit la possibilité de mesures de confinement pour les personnes non vaccinées si le taux d’utilisation des unités de soins intensifs atteint un certain seuil. Si plus de 600 lits de soins intensifs sont occupés par des patients atteints du virus, les Autrichiens qui n’ont pas été entièrement vaccinés ne seront autorisés à quitter leur domicile que dans des cas exceptionnels. Cette restriction ne s’appliquera pas aux personnes vaccinées.

  • Pepe Escobar : Le monde selon Vladimir Poutine

    Publié par Guy Jovelin le 31 octobre 2021

    PAR  LE 

    Le président russe, à Sotchi, fait la loi en faveur du conservatisme – il affirme que l’Occident malmené est en déclin…
     

    La session plénière est le point d’orgue traditionnel des discussions annuelles et incontournables du Valdai Club, l’un des principaux rassemblements intellectuels d’Eurasie.

     

    Vladimir Poutine est souvent l’orateur principal. Cette année, à Sotchi, comme je l’ai relaté dans une précédente chronique, le thème général était « le bouleversement mondial au XXIème siècle : l’individu, les valeurs et l’État ».

    M. Poutine a abordé ce thème de front, dans ce que l’on peut d’ores et déjà considérer comme l’un des plus importants discours géopolitiques de l’histoire récente (une transcription encore incomplète peut être consultée ici) – certainement son moment le plus fort sous les feux de la rampe. Ce discours a été suivi d’une session complète de questions-réponses (à partir de 4:39:00).

    Comme on pouvait s’y attendre, les atlantistes, néoconservateurs et interventionnistes libéraux seront apoplectiques. C’est sans importance. Pour les observateurs impartiaux, en particulier dans les pays du Sud, l’important est de prêter une attention toute particulière à la façon dont Poutine a partagé sa vision du monde, y compris dans certains moments très francs.

    Dès le début, il a évoqué les deux caractères chinois qui représentent la « crise » (comme dans « danger ») et l’ »opportunité », en les associant à un dicton russe : « Combattez les difficultés avec votre esprit. Combattez les dangers avec votre expérience. »

    Cette référence élégante et oblique au partenariat stratégique entre la Russie et la Chine a conduit à une évaluation concise de l’échiquier actuel :

    Le réalignement de l’équilibre des forces suppose une redistribution des parts en faveur des pays émergents et en développement qui, jusqu’à présent, se sentaient exclus. En clair, la domination occidentale sur les affaires internationales, qui a commencé il y a plusieurs siècles et qui, pendant une courte période, a été presque absolue à la fin du XXème siècle, est en train de céder la place à un système beaucoup plus diversifié.

     

    Cela a ouvert la voie à une autre caractérisation oblique de la guerre hybride comme nouveau modus operandi :

    Auparavant, une guerre perdue par un camp signifiait la victoire de l’autre camp, qui assumait la responsabilité de ce qui se passait. La défaite des États-Unis dans la guerre du Vietnam, par exemple, n’a pas fait du Vietnam un « trou noir ». Au contraire, un État en plein développement y a vu le jour, qui, il est vrai, a pu compter sur le soutien d’un allié puissant. Les choses sont différentes aujourd’hui : Peu importe qui prend le dessus, la guerre ne s’arrête pas, elle change simplement de forme. En règle générale, l’hypothétique vainqueur est réticent ou incapable d’assurer un redressement pacifique après la guerre, et ne fait qu’aggraver le chaos et le vide qui représentent un danger pour le monde.

    Un disciple de Berdyaev

    À plusieurs reprises, notamment lors des questions-réponses, Poutine a confirmé qu’il était un grand admirateur de Nikolaï Berdyaev. Il est impossible de comprendre Poutine sans comprendre Berdyaev (1874-1948), qui était un philosophe et un théologien – essentiellement un philosophe du christianisme.

    Dans la philosophie de l’histoire de Berdyaev, le sens de la vie est défini en termes d’esprit, alors que la modernité séculaire met l’accent sur l’économie et le matérialisme. Pas étonnant que Poutine n’ait jamais été marxiste.

    Pour Berdyaev, l’histoire est une méthode de mémorisation du temps par laquelle l’homme travaille à sa destinée. C’est la relation entre le divin et l’humain qui façonne l’histoire. Il accorde une importance énorme à la puissance spirituelle de la liberté humaine.

    Poutine a fait plusieurs références à la liberté, à la famille – dans son cas, de condition modeste – et à l’importance de l’éducation ; il a loué chaleureusement son apprentissage à l’université d’État de Leningrad. En parallèle, il a absolument pulvérisé le wokisme, le transgendérisme et la culture de l’annulation promue « sous la bannière du progrès ».

    Ce n’est qu’un passage parmi une série de passages clés :

    Nous sommes surpris par les processus qui se déroulent dans des pays qui se considéraient comme des pionniers du progrès. Les bouleversements sociaux et culturels qui se produisent aux États-Unis et en Europe occidentale ne nous regardent évidemment pas et nous ne nous en mêlons pas. Quelqu’un dans les pays occidentaux est convaincu que l’effacement agressif de pages entières de leur propre histoire – la « discrimination inversée » de la majorité en faveur des minorités, ou l’exigence d’abandonner la compréhension habituelle de choses aussi fondamentales que la mère, le père, la famille ou même la différence entre les sexes – qu’il s’agit là, à ses yeux, de jalons du mouvement vers le renouveau social.

    Une grande partie de son discours de 40 minutes, ainsi que ses réponses, ont donc codifié certains marqueurs de ce qu’il définissait auparavant comme un « conservatisme sain » :

    Maintenant que le monde connaît un effondrement structurel, l’importance d’un conservatisme raisonnable comme base de la politique s’est multipliée, précisément parce que les risques et les dangers se multiplient et que la réalité qui nous entoure est fragile.

    Revenant à l’arène géopolitique, Poutine a été catégorique : « Nous sommes amis avec la Chine. Mais pas contre qui que ce soit ».

    Sur le plan géoéconomique, il a une nouvelle fois pris le temps de se lancer dans une explication magistrale, complète – voire passionnée – du fonctionnement du marché du gaz naturel, couplé au pari autodestructeur de la Commission européenne sur le marché spot, et des raisons pour lesquelles Nord Stream 2 change la donne.

    Traduction d’Asia Times par Aube Digitale

  • Le baptême de Clovis et le développement des terroirs viticoles

    Publié par Guy Jovelin le 31 octobre 2021

    Quelle était la boisson d’antan, plus spécifiquement la boisson préférée de Clovis, roi des Francs, le plus illustre des mérovingiens ? Au tournant du Ve et VIe siècle, il s’est emparé de la quasi-totalité de la Gaule romaine. Réponse avec Ophélie Neiman, journaliste et spécialiste des vins. Elle était l’invitée de l’émission “La Table des bons vivants” ce samedi.

    Premièrement, il buvait beaucoup de bière, la bonne cervoise qui était très consommée à l’époque en Gaule”, explique Ophélie Neiman. À l’époque, la bière était faite de blé et non avec de l’orge. C’est pour cela qu’on sépare la cervoise de la bière.  […]

    Clovis buvait aussi beaucoup de vin, ce qui était très commun dans le Moyen Âge. Le vin était probablement fait à la manière des Romains parce qu’on se situe vraiment à la charnière entre la Gaule romaine et le royaume des Francs, entre le Ve et VIe siècle. […]

    Le vin a accompagné toute la vie de Clovis parce que le jour de Noël de l’an 496, il se fait baptiser à Reims par l’évêque Saint-Rémi. Forcément, il se fait baptiser avec du vin de champagne, mais sans bulles car l’effervescence des vins n’est pas maîtrisée avant le début du XVIIIe siècle. La légende dit que Saint-Rémi a offert une petite gourde à Clovis, avec une promesse de victoire tant qu’il aura du vin béni à l’intérieur. Il gagnera ses batailles car sa gourde ne sera jamais vide.

    Ce baptême a aussi eu des effets concrets. En se faisant baptiser, Clovis a légitimé le christianisme en France et a favorisé la multiplication des abbayes et donc des moines qui sont à l’origine des terroirs viticoles. Durant le Moyen Âge, on fait pousser de la vigne sur tout le territoire. On continue à beaucoup boire : un litre de vin par jour et par habitant en moyenne.

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