Publié par Guy Jovelin le 01 juin 2019

Selon un sondage commandé par le Conseil européen des relations internationales (ECFR), plus de la moitié des Européens pensent que l’Union européenne risque de s’effondrer en une seule génération.
Parmi les citoyens interrogés en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Slovaquie, en Roumanie, en Grèce, en République tchèque, en Pologne, en Autriche et en France, une majorité a estimé que l’éclatement de l’Union européenne est une « possibilité réaliste » dans les 10 à 20 prochaines années.
Parmi les pays interrogés, c’est la Slovaquie qui comptait le plus grand nombre de ces europessimistes : 66 %. La France était deuxième avec 58 %.
De sont côté, YouGov a interrogé 14 pays européens - qui représentent environ 80 % des sièges au Parlement européen - et paratout sauf en Suède (44 %), au Danemark (41 %) et en Espagne (40 %), une majorité des personnes interrogées prévoyaient un effondrement imminent de l’Union europenne. Wtonnamment, un tiers des sondés ont dit qu’elles pensaient que les futurs conflits armés entre pays européens étaient plausibles, ce chiffre atteignant41 % parmi les partisans du parti nationaliste de droite allemand Alternative für Deutschland (AfD).
Mark Leonard, directeur de l’ECFR, a affirmé : « Le soutien à l’adhésion à l’UE est au plus haut niveau depuis 1983, et pourtant une majorité d’électeurs craignent que l’UE ne s’effondre. Le défi pour les pro-Européens est d’utiliser cette peur de la perte pour mobiliser leur majorité silencieuse et s’assurer que ce ne sont pas seulement les partis anti-système qui ont leur mot à dire. Il n’est pas encore trop tard. » [N.d.t. : l’ECFR a publié son sondage sous le titre : Sept jours pour sauver l’Europe.]
L’enquête a également montré que près de 92 % des Européens pensent qu’ils souffriraient si l’Union européenne se désintégrait - en particulier en ce qui concerne le travail, les voyages et le commerce.
Source : Voice of Europe via lesobservateurs
Traduction Cenator




On peut craindre la réaction d’un Iran ainsi mal traité. Un Iran qui avait déjà fait savoir en 2008 et 2011 qu’en cas d’attaque militaire ou de sanctions commerciales il pourrait bloquer le détroit d’Ormuz, empêchant ainsi toute exportation de pétrole par les pays arabes du Golfe : casus belli aux conséquences incalculables, notamment pour les pays d’Europe, lesquels seraient les premiers exposés après s’être pourtant soumis au diktat de Washington.
Sans rapport apparent, se tient en fin de semaine à Pékin le deuxième Forum des « Routes de la soie », ces liaisons maritimes et ferroviaires entre Chine et Europe notamment, avec les infrastructures qu’elles nécessitent : cent vingt-trois pays souvent représentés au plus haut niveau ! Quand l’unilatéralisme américain se manifeste avec brutalité, Pékin semble faire preuve de souplesse dans une approche qui se veut pacifique et multilatéraliste. Mais l’objectif stratégique de prépondérance reste le même et les éventuels partenaires européens ont de bonnes raisons de rester méfiants. Il y a ce que l’on sait déjà : les banques chinoises prêtent volontiers leurs dollars mais au prix d’un endettement qui peut vite devenir insupportable ; quant aux travaux, les entreprises chinoises en ont le monopole, ce qui a pour effet, outre de les renforcer, de favoriser l’exportation de certains excédents. Il est par ailleurs impensable que cette forme d’entrisme chinois au coeur de l’Europe (exemple de l’accord sino-italien) puisse ne pas avoir de suite géopolitique.
N’ayant ni le besoin ni le souci de régner sur le reste de la terre, les Européens devraient en revanche se protéger et des Chinois et des Américains, des foucades de ceux-ci et des tentatives de séduction de ceux-là. Les pays européens n’en finissent pas de perdre un temps précieux, fourvoyés qu’ils sont dans une Union utopiste et impuissante qui, plus de soixante ans après ses premiers balbutiements, reste vouée à n’être qu’un nabot politique et militaire. Nous voici à moins d’un mois des élections européennes. On peut être à peu près sûr qu’il n’en sortira rien, sauf en cas de séisme électoral populiste qui aurait au moins le mérite d'ébranler les bases du temple. 